Думи мої – DUMY MOYI de François Chaignaud

Sous ce titre russe, qui signifie “mes pensées”, se cache un spectacle envoûtant de François Chaignaud, créé pour Montpellier Danse, dans la salle Béjart, de l’Agora, une ancienne chapelle du temps où le bâtiment était encore le couvent des Ursulines.

François Chaignaud@Odile Bernard Schröder

François Chaignaud@Odile Bernard Schröder

Avec une présence qui passe d’abord par la voix, grave et profonde à souhait, François Chaignaud sort de l’ombre. Sa silhouette penchée, coiffée et harnachée de crins colorés évoque une cérémonie chamane du fin fond de la Sibérie. Avec la lumière qui, peu à peu, nimbe le personnage, nous voici alors transporté sous d’autres contrées, l’Inde ou peut-être Bali ou encore le Mexique et ses danses macabres…  À moins qu’il ne soit une nouvelle Idole dorée avec son maquillage rutilant et ses parures flamboyantes qui le propulsent immédiatement dans le camp des demi-dieux ou des rois lointains de l’époque baroque, les Xerxes, les Atabalipa, les Ariodante ou les Alcibiane.. Dans quel monde sommes-nous ? La voix se module et se déploie sur un registre immense, qui va de la basse au haute-contre, traversant des langages et des temps différents comme pour donner de fausses pistes et de vrais raccourcis qui font se téléscoper le Moyen-Âge sépharade et une chanson espagnole de 1940, la zarzuela et la tarentelle, Tchaïkovsky et John Dowland.  Mais les chamans n’ont ils pas le pouvoir de se métamorphoser et d’endosser de multiples personnalités ?

Au-delà de cette rêverie fantastique et de l’atmosphère quasi-mystique de la pièce, François Chaignaud avoue avoir été fasciné par le theyyam, chant et danse sacrés du Malabar, qui sont à l’origine de la sophistication extrêmes des différents costumes qu’il endosse littéralement, tant les coiffes et les postiches sont lourds et imposants.  Mais il voit également là, une des sources de la danse moderne telle que l’avaient conçu par exemple Ruth Saint-Denis et Ted Shawn au début du XXe siècle. Car l’attirance pour l’exotisme ne date pas d’hier et a nourri chez François Chaignaud une inspiration qui s’abreuve à plusieurs sources. C’est aussi le lieu où les esthétiques se mélangent et s’affrontent, music-hall, danses savante ou insolite, baroque et exotisme.

D’une émotion sourde, la pièce est une réussite totale et nous raconte une nouvelle rencontre des dieux et des hommes.

Agnès Izrine

Du 3 au 6 juillet – Montpellier Danse, Salle Béjart de l’Agora

Conception, interprétation François Chaignaud
Costumes Romain Brau
Conception lumière Philippe Gladieux
Régie Anthony Merlaud
Conseil musical
Jérôme Marin
Adaptations, chef de chant Antoine Bernollin
Mixage son Jean-Michel Olivares
Administration, production Cécile Vermorel
Diffusion Sarah de Ganck (Art Happens)

En tournée

19-21 juillet >  Santarcangelo. 13 festival, Italie
27 juillet > festival ImPulsTanz, Vienne (Autriche)
7-8 août >  far festival, Nyon (Suisse)

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