Des tambours un peu creux…

«  Que raconter encore après six années de création en République Démocratique du Congo ? Comment ne pas ressasser les mêmes histoires, les mêmes révoltes, les mêmes espoirs déçus ?
Comment continuer d’avancer, de rêver, malgré tout ? Désireux de répondre à ces questions, Faustin Linyekula est retourné dans le village de son enfance, à Obilo, sur les traces de ses premiers souvenirs de danse.»
Partie sur la piste de la politique et des bons sentiments, Drums and digging de Faustin Linyekula se lance une fois de plus  dans l’histoire l’histoire tragique et la réalité complexe de son pays, la République Démocratique du Congo, ex-Congo belge, ex-Zaïre. Il retourne donc dans le village où il vécut jusqu’à l’âge de huit ans, retrouve la trace de son maître de percussions Hanabouton, qui a lâché le tambour pour le prêche, devenu pasteur de l’Eglise évangélique, rencontre au cours de ce voyage quasi initiatique Véronique Aka Kwadeba, petite-nièce de Mobutu (1930-1997), président de la RDC qui fit construire des palais plus luxueux les uns que les autres à Gdabolite, sa région d’origine… Tout cela est fort louable.

Faustin Linyekula dans Drums and Digging@Laurent Phlippe

Faustin Linyekula dans Drums and Digging@Laurent Phlippe

Comment ne pas ressasser ? Voila le problème. Car ces histoires, Faustin Linyekula nous les sert depuis ses débuts de chorégraphe en 2002 (Triptyque sans titre) et n’a depuis cessé de peaufiner son discours sur les ruines de son pays, la guerre civile, la misère post-coloniale… Au point que cette énième pièce sur le même sujet, déçoit. Non seulement par la répétitivité de la source d’inspiration que par la construction même de Drums and Digging.

Drums &Digging de Faustin Linyekula@ L. Philippe

Drums &Digging de Faustin Linyekula@ L. Philippe

Car, si l’on peut considérer, au fond, qu’un auteur raconte toujours la même histoire reste à l’échaffauder. Ce que peine à faire Faustin Linyekula, même en nous imposant la construction laborieuse d’une sorte d’ossature de portail, métaphore, sans doute, des palais de Mobutu. Et même si les chants des femmes du début sont beaux, que les interprètes ont une certaine épaisseur, cela ne suffit pas. Peut-être faudrait-il qu’il puisse quitter son histoire pour en raconter  d’autres, il la retrouverait certainement au tournant, mais, peut-être enfin avec un nouveau point de vue.

Agnès Izrine

8 au 16 juillet 2013 – Festival d’Avignon, cloître des Célestins

http://liveweb.arte.tv/fr/video/Drums_and_Digging_Faustin_Linyekula_festival_d_Avignon/

Filmé le 13/07/2013 | En ligne encore pendant 174 jours et 9 heures

Distribution
conception Faustin Linyekula
scénographie Bärbel Müller
lumière Virginie Galas
assistanat à la mise en scène Dorine Mokha
avec Véronique Aka Kwadeba, Papy Ebotani, Rosette Lemba, Faustin Linyekula, Pasco Losanganya, Yves Mwamba, Pasnas

En tournée

9-10 août TAZ festival, Ostende

16-17 août, Tanz im August, Hebbel Theater, Berlin

19-21 août  Zurcher Spektakel, Zürich

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