CréaCorsica : Traces Vives

Que reste-t-il d’un rêve, d’une fantaisie errante et enfantine, quand les images s’éclipsent? Pat O’Bine, la chorégraphe d’Ajaccio, s’en remet au poète René Char: « Seules les traces font rêver ».

Traces vives, c’est la rencontre entre Angélique Maunier et Kevin Naran, un danseur hors pair, un petit prince pétillant au geste tonique et ciselé comme on n’en voit que rarement. Un extraterrestre? « Il vient de Nouvelle Calédonie et n’est pas passé par les écoles françaises », voilà comment Pat O’Bine explique le petit miracle. L’arrivée de Naran comme partenaire de scène de Maunier tombe à pic, car « Traces vives » est une suite de jeux enfantins, haute en couleurs, imprévisible et illogique comme dans un rêve. Au cours de ses aventures imaginaires, le couple croise des dauphins ou des ours. Il découvre une source en pleine forêt ou tremble de peur quand il faut lutter contre des créatures imaginaires.

TV 12 mai fresque 036

La composition musicale d’André Dion est riche, onirique et formidablement suggestive, mêlant l’électroacoustique et les sons de la nature. Aussi, le public est invité à faire une véritable expérience sensorielle qui se prolonge par la captation des corps et gestes, traduits en images ou ombres électroniques. Et les ombres se mettent à danser tous seuls, et les corps se transforment en graffitis… Traces vives  s’écrit aussi dans l’espace entre le mouvement, sa captation et sa matérialisation graphique. Ajoutez à cela un écran qui a l’air d’être un rocher et qui finit pourtant par envelopper la fille, et vous voyez qu’ici, tout peut se transformer en tout. La danse, les matériaux, les images… tout l’univers d’O’Bine investit un espace indéfinissable, quelque part entre le solide et le liquide, entre le réel et le virtuel. Les soixante-cinq minutes ne sont en rien trop long pour les enfants Elles peuvent l’être uniquement pour cette frange d’adultes qui ne jurent que par les explications rationnelles. Mais les rêves sont libres…

 

 

Thomas Hahn

 

Avignon Off, jusqu’au 28 juillet

Théâtre des Lucioles, à 22h45

04 90 14 05 51

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