Entretien avec Gradimir Pankov

À l’occasion de l’ouverture de saison des Grands Ballets Canadiens de Montréal le 10 octobre, Danser canal historique a rencontré  son directeur artistique Gradimir Pankov. Il nous a accordé un entretien chaleureux à quelques jours de la première de La Belle au bois dormant de Mats Ek.

Vous ouvrez la saison 2013-2014 avec La Belle au bois dormant de Mats Ek, une pièce que vous avez déjà donné en 2009 , y a t il une raison particulière ?
Gradimir Pankov  :   C’est ma quatorzième saison, et si l’on commence par une grande partition, j’ai remarqué que c’était souvent porteur pour la saison entière. Une grande pièce est comme une histoire, elle ouvre une dimension pour le public. Artistiquement, j’ai voulu reprendre La Belle au bois dormant pour donner à mes danseurs une opportunité d’interprétation différente, et la version de Mats Ek le permet largement. La grande nouveauté cette année, c’ est l’orchestre !

La Belle au bois dormant de Mats Ek en répétition

La saison sera donc marquée par la présence de l’orchestre ?
GP : L’orchestre sera présent sur la quasi totalité des ballets de la saison. Il se trouve les œuvres que nous programmons ont des partitions fantastiques. Tchaïkovsky pour la Belle au bois dormant et Casse Noisette, puis une  partition mixte de musiques françaises pour le ballet Rodin/Claudel et enfin Schoenberg pour la création La nuit transfigurée.

La Nuit transfigurée @ Média

La Nuit transfigurée @ Média

Quels sont vos critères pour composer une saison  ?
GP : Ma politique artistique est de mélanger. Inviter les grands chorégraphes, de la « vieille garde » si l’on peut dire, que mes danseurs adorent, et des chorégraphes inconnus ou presque. Les premiers m’autorisent les seconds. J’essaye toujours  d’avoir dans ma saison des chorégraphes peu connus, originaux.

"Rodin / Claudel" @J. Hall

« Rodin / Claudel » @J. Hall

Lesquels par exemple ?
GP : Je pense par exemple à Stijn Celis ou Didy Veldman dont la renommée n’était pas encore établie quand je les ai invités la première fois.

 Vous êtes fidèle aux chorégraphes ? Est ce qu’ils reviennent ?
GP : Mais oui bien sûr ! Lorsque vous aimez un chorégraphe vous le suivez aussi bien sur des reprises que des créations. Quand il y a une valeur il ne faut pas la « gâcher ». Il y a bien sûr, Jiri Kilian, Ohad Naharin ou Mats Ek mais aussi Didy Veldman qui est venue six fois, Stijn Celis, ou encore Stephan Thoss, un chorégraphe allemand  que j’avais eu pour la saison allemande en 2010/ 2011. Il avait eu un grand succès, je l’ai réinvité à créer une autre pièce l’année suivante et le résultat était superbe.

Combien de pièces avez vous programmé au cours de vos années aux Grands Ballets ?
G.P : Trente sept pièces ( différentes ndlr ) depuis l’an 2000 dont une quinzaine de créations !

Comment vos danseurs ont-ils accueilli l’œuvre de Mats Ek ? Appréhendaient-ils cette chorégraphie  ?
GP : Non, non aucune appréhension, les danseurs sont enchantés, ravis tout simplement  !

Combien de temps faut il pour  une reprise de cette envergure ?
GP : Quatre semaines de reprise, plus une en costume, donc cinq semaines en tout avec le répétiteur maître de ballet Steve Couturel, deux assistantes de Mats, Margareta Lidström et Monica Mengarelli, mon assistante et maîtresse de ballet Margret Kaufmann et moi même. Le chorégraphe vient la dernière semaine. Il est nécessaire que le créateur de la pièce soit présent. C’est important pour les danseurs, il donne la touche finale… mais il peut également laisser surgir une dernière idée ou changer légèrement la chorégraphie en fonction des danseurs. Parfois une pièce déjà faite peut avoir besoin de quelques ajustements, ça reste ouvert.

La Belle au bois dormant de Mats Ek sur scène

Cette année vous avez engagé beaucoup de nouveaux danseurs, d’où viennent ils, comment les choisissez vous ?
GP : Ils viennent de partout,  Brésil, Belgique, Chine, Espagne, Japon, France . Quand je remarque un danseur pendant une audition, je l’invite plusieurs fois afin de le connaître, lui parler, faire des improvisations. Cela agit comme un filtre. Les danseurs sont très différents, ils sont individuels, uniques. Je cherche aussi chez un danseur le potentiel pour être soliste après une ou deux années de travail.

Cette différence dont vous parlez est frappante aux Grands Ballets, c’est un choix de votre part ?
GP : Oui, c’est un choix. Je veux que ce soit pour les danseurs comme pour les acteurs, des personnalités que l’on remarque.  Ils doivent être capables de prendre une autre peau, même les nouveaux. Et j’aime les corps humains avec leurs différences.

Montréal Octobre 2013 – Propos recueillis par Marjolaine Zurfluh

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