3 questions à… Christine Coudun

ChristinePIed

Pourquoi chorégraphiez-vous ?
Chorégraphier, c’est d’abord se mettre en situation de le faire ! Je chorégraphie car j’aime la danse en tant que matériau permettant de communiquer sans les mots. Je trouve passionnant de saisir les mouvements indicibles de l’esprit qui animent l’âme des gestes. Il me semble que c’est là le cœur de mon métier de chorégraphe. J’aime le travail de création où ensemble, avec les danseuses et danseurs qui m’accompagnent, nous cherchons sans savoir ce que nous allons trouver. Surviennent alors des instants qu’il faut savoir saisir avec gourmandise. Ce sont des moments où un souffle passe et l’intelligence du cœur s’anime en réveillant des vérités endormies. Tout se joue entre le visible et l’invisible et nous nous en amusons souvent. En somme, l’acte créatif est un acte de liberté. Il n’empêche que faire vivre une compagnie exige beaucoup de volonté.

Quel est, selon vous, le plus grand chef-d’œuvre chorégraphique ?
Un chef-d’œuvre tel que je le conçois est une œuvre nécessairement marquante parvenant à résister au temps. C’est quelque chose qui touche à la complétude en conservant intactes les traces et les saveurs qu’il a imprimées un jour dans un corps et un esprit. Difficile de choisir pour moi qui ai une culture chorégraphique très éclectique et qui suis assez ouverte sur les diverses esthétiques ! Je me souviens entre autres du Sacre du Printemps de Maurice Béjart. J’étais une adolescente et une de mes tantes m’y avait emmenée. Bien que de manière nécessairement diffuse, l’ampleur des émotions que j’ai ressenties est encore présente.

Le Sacre du Printemps en 1970 avec Tania Bari et Germinal Casado (et Paolo Bortoluzzi dans le Ballet du XXe siècle.)

 

Quel est le chef-d’œuvre chorégraphique qui vous endort ?
Cela entre en résonance avec ce que je viens d’exprimer. Un vrai chef-d’œuvre considéré comme tel par soi-même ne peut, me semble-t-il, endormir. De manière plus générale, je fais partie des gens qui ne s’arrêtent pas au milieu du gué en tant que public. Pour ma part, je vais jusqu’au bout des œuvres même quand elles sont difficiles. Ne serait-ce que pour pouvoir en parler dûment ensuite. S’agissant des œuvres chorégraphiques diffusées à la télé, je n’aime de toute façon pas m’endormir devant le poste ! Je préfère dans ce cas lire ou me vider l’esprit autrement.

Propos recueillis par Valentin Lagares

Christine Coudun est co-fondatrice et chorégraphe de la compagnie Black Blanc Beur, l’une des toutes premières compagnies françaises à avoir émergé sur le champ de la danse hip-hop. www.blackblancbeur.fr

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