« Exquises » d’Annabelle Bonnéry

Après le succès de son spectacle-repas au Théâtre national de Chaillot, Annabelle Bonnéry revient avec une version taillée sur mesure pour les enfants. Qu’est-ce qui change ? Il y a des jus de fruits bio au lieu des vins du Jura. À savourer en famille  jusqu’au 20 octobre 2013.

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Ce qui ne change pas, c’est que tous les mets sont servis en dansant, et que chaque instant chorégraphique est un délice. Entre les deux danseuses et le grand chef de cuisine-sommelier-artiste Thierry Moine, la combinaison repas-spectacle est toujours aussi fusionnelle.

Les soixante-dix convives, enfants comme parents (et il semble que ces derniers ont tout de même droit aux vins), sont assis autour d’une table, comme pour un banquet. Au fond, on voit, ce grand chef restaurateur du Jura, qui prépare ses délicieuses surprises culinaires aux noms aussi pétillants que « Terrine rebondissante » et « Picoreur de ferme ». Car ce cuisinier a de l’humour à revendre et s’en sert avec finesse. Finesse à laquelle répondent les interprètes qui sont ici bien plus, à savoir serveuses-danseuses, jouant également le rôle des animaux dont on dégustera ce que les mains et l’esprit de Thierry Moyne ont su créer.

Exquises à Mâcon Scène Nationale

Mais quels sont donc les rapports entre la restauration et la danse?  Sensuellement, c’est trouble. On a déjà vu des spectacles-repas contemporains où les mets étaient disposés sur les corps des danseurs, comme au temps des Romains. Rien de tel ici. On reste sage. Et les papilles se régalent d’autant plus. Mais techniquement, tout est là pour faire le lien. On ne le dira jamais assez, les danseurs  savent investir toutes sortes de métiers. En tant que serveurs ils excellent plus qu’ailleurs. Après s’être formés, bien sûr. Car pour servir un plat sans accident, il faut savoir tendre le bras et placer les pieds dans les règles de l’art.

images-2Les interprètes se sont donc longuement entraînées au restaurant de Thierry Moyne et recomposent le répertoire gestuel et les rythmes d’entre-les-casseroles, tout comme l’univers sonore signé Marie-Pascal  Bertrand transforme les bruits de travail en musique concrète. Vives, aux aguets et félines, elles atterrissent parfois sur une table, juste en face d’une personne médusée. Comme si la biche ou le lapin, pas encore passées entre les mains du chef, vous épiaient en pleine forêt! Du service de chaque dégustation, elles font un chassé-croisé à travers l’espace blanc du scénographe François Deneulin. Subtilement, l’objet du désir prolonge un avant-bras qui avance lentement sur la table, en direction d’une bouche salivante. Et entre les services, la danse se fait aussi savoureuse que le ballet des arômes.

Thomas Hahn

Théâtre national de Chaillot – Grand Foyer

Du 17 au 20 Octobre 2013 – Jeudi 17 et vendredi 18, 10h et 14h30
Samedi 19, 15h30 et 20h45
Dimanche 20, 12h
Durée 50 minutes

Tout public à partir de 5 ans

Renseignements : 01 53 65 30 00

Tarifs : 37 € plein tarif, 31 € tarif réduit, 15 € et 18 € tarifs jeunes

http://www.theatre-chaillot.fr

Chorégraphie Annabelle Bonnéry

Goût et dégustation Thierry Moyne

Univers sonore Marie-Pascale Bertrand

Scénographie François Deneulin

Costumes Kathy Brunner

Lumières Élodie Llinarès

Régie son Thierry Ronget
Régie lumière François Deneulin

Avec Célia Gondol et Annabelle Bonnéry

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