Le Concours de promotion interne de l’Opéra national de Paris

Le fameux « Concours » de l’Opéra qui permet chaque année aux danseurs de gravir un échelon dans la très stricte hiérarchie du Corps de ballet de l’Opéra de Paris a eu lieu le 6 novembre 2013 pour les hommes.

Un peu d’histoire

Ce Concours a été créé sur les conseils de Marie Taglioni qui venait d’être nommée profeseur de la classe de perfectionnement et de Bernard Sciot, professeur à l’École de danse. Le premier Concours, intitulé alors « Examen de la danse » eut lieu le 13 avril 1860. Dans le premier jury figuraient Alphonse Royer, directeur de l’Opéra, Marie Taglioni, Amalia Ferraris, Emma Livry, Lucien Petipa et Louis Mérante.

Pourquoi un Concours ?

Il a été jugé qu’il était plus juste et sans doute plus démocratique de faire dépendre la promotion d’un danseur d’un concours jugé par un jury plutôt que d’être soumis au « fait du Prince » directeur ou autre personnage influent.

À ce jour, le jury est composé du Directeur ou de son représentant, président, de la Directrice de la Danse ou son représentant, du Maître de ballet associé à la direction de la danse, de deux personnalités du monde de la danse n’appartenant pas au personnel de l’Opéra de Paris et d’un nombre égal de représentants du personnel, élus par les artistes du ballet (iIs doivent être au moins Sujets ou justifier au minimum de six ans d’ancienneté).

Cette année, le jury était le suivant :

Pour la direction :

Brigitte Lefèvre, directrice de la Danse, présidente

Laurent Hilaire, Maître de ballet associé à la direction de la danse

Clotilde Vayer, Maître de ballet

Benjamin Millepied, Chorégraphe, fondateur du L.A. Project et futur directeur de la Danse à partir du 1er novembre 2014

John Neumeier, chorégraphe, directeur du Ballet de Hambourg

Pour les membres élus du Ballet :

Eléonora Abbagnato, étoile

Josua Hoffalt, étoile

Alessio Carbone, Premier danseur

Lucie Clément, Sujet

Pascal Aubin, Coryphée

Benjamin Pech (suppléant), étoile.

Comment se déroule le Concours ?

Les candidats concourent classe par classe en commençant par le grade le plus faible Quadrilles puis Coryphées et enfin Sujets. Ils exécutent une variation imposée puis une variation libre appartenant au répertoire de l’Opéra national de Paris. Ils sont notés sur leurs variations mais ont également une note attribuée par la Régie de la danse sur leur travail de l’année écoulée. Le vote a lieu à bulletin secret.

L’ordre de passage des candidats est déterminé par le tirage au sort d’une des lettres de l’alphabet afin que ce ne soient pas chaque année les mêmes à commencer les épreuves. Cette année, il s’agissait de la lettre D.

Les résultats du Concours « hommes »

Globalement, on a pu remarquer que les variations imposées étaient bardées de difficultés techniques. Il s’agissait pour les Quadrilles de la variation du pas de cinq des « Pierres précieuses » de la Belle au bois dormant, qui demande en plus de tours en l’air ou au sol, une agilité et une coordination sans faille dans les changements de direction qui donna pas mal de fil à retordre à l’immense majorité des candidats. Et pour les coryphées, de la variation de Lucien d’Hervilly dans le Grand pas de l’acte II de Paquita, avec des tours en l’air et un final d’entrechats 6 sur lesquels tous les postulants semblaient s’être concentrés au détriment du début de la variation notamment les deux tours en l’air et les tours arabesques. Et d’une certaine façon, on pouvait même constater que les quadrilles étaient meilleurs techniquement que les coryphées dans les imposées… Et si les Sujets étaient tous intéressants dans les variations libres, la variation d’Albrecht de l’Acte II de Giselle, a elle aussi, été difficile pour nombre de candidats, sauf François Alu qui la maîtrisait parfaitement, ainsi que Fabien Révillon et Pierre-Arthur Raveau.

Quoi qu’il en soit, on ne peut qu’être d’accord avec le palmarès du jury, qui a promu pour les quadrilles Hugo Marchand dansant, musical aussi bien dans sa variation imposée que dans le redoutable Tchaïkovsky pas de deux de George Balanchine et Germain Louvet, un beau danseur plein de qualités, prenant des risques, avec de beaux levers de jambe et des pieds bien travaillés qui dansait également en variation libre celle de Paquita donnée en imposée aux coryphées. Cyril Choukroun (3e nommé) a également fait un beau concours avec en variation libre le Grand Pas classique (Gsovsky) même s’il est encore un peu fragile, ainsi que Florent Mélac, Antonio Conforti (une jolie expressivité dans Roméo) et Antonin Monie, plutôt musical aussi dans  Tchaïkovsky pas de deux – respectivement 4e, 5e et 6e nommés.

 

ibot

Axel Ibot @ S. Mathé

bertaud

Sébastien Bertaud @ S. Mathé

 

Pour les coryphées, le choix d’Axel Ibot et Sebastien Bertaud, tous deux promus Sujets s’imposait également. Le premier ayant du charme et de vrais qualités dans la variation imposée, le second brillant particulièrement dans Push comes to shove de Twyla Tharp. On a aussi apprécié Alexandre Gasse (3e nommé), une belle présence et une véritable intelligence qui lui a permis de rattraper quelques imperfections techniques, Adrien Couvez (4e nommé) aussi très bien dans Push comes to shove (mais pas le même extrait que Bertaud), Maxime Thomas (des jolis sauts, et une belle prestation dans Dances at a gathering de Robbins, 4e nommé)  et Hugo Vigliotti (6e nommé) excellent dans Le Rire de la lyre de Montalvo (mais plutôt en dessous de ses performances habituelles dans la variation imposée).

François Alu @S. Mathé

François Alu @S. Mathé

Pour les nouveaux Premiers danseurs, François Alu (2e promu) a dominé de sa technique tous les autres concurrents. C’est le seul à avoir parfaitement exécuté la variation d’Albrecht, avec une aisance presque déconcertante, et le choix du Fantôme de l’Opéra de Roland Petit pour la variation libre était sans conteste intelligent. La promotion en première position de Pierre-Arthur Raveau dont le charme et la présence scénique sont incontestables n’était pas non plus une surprise. En 3e position, Fabien Révillon a impressionné dans un Donizetti pas de deux chorégraphié par Manuel Legris. Daniel Stokes (très lyrique dans Giselle) et Florimond Lorieux (dynamique et expressif) 5e et 6e nommés étaient également intéressants, on reste plus dubitatif pour Marc Moreau (3e nommé).

Agnès Izrine

À suivre : Le concours pour les danseuses a eu  lieu le 9 novembre 2013.https://dansercanalhistorique.com/2013/11/11/le-concours-de-promotion-interne-de-lopera-la-suite/

Pierre-Arthur Raveau@S. Mathé

Pierre-Arthur Raveau@S. Mathé

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