Lang Lang Dance Project

Lieu historique d’échanges entre la musique et la danse, le théâtre des Champs-Elysées accueillait pour une création le pianiste sino américain superstar, Lang Lang et le chorégraphe Stanton Welch et les danseurs du Houston Ballet pour un spectacle intitulé les Sons de l’âme.

« La danse est une musique mise en mouvement. Elle est un art pur, dénué de complexité. J’avais depuis longtemps l’idée de placer les deux expressions artistiques – musique et danse – sur u même plan d’égalité. De cette volonté est née une collaboration avec Stanton Welch et ses danseurs du Houston Ballet, et l’idée de créer un spectacle original : Sons de l’âme… » explique Lang Lang.

Et, effectivement, Sons de l’âme, créé sur des œuvres de Chopin, études, nocturnes, ballades et même Polonaise, suit à la lettre ce programme, qui, sous des dehors d’évidence, n’en est pas moins ambitieux. « Le choix du compositeur, raconte Lang Lang, s’est fait naturellement, parce que sa musique me paraît visuelle. Je suis bien conscient que certaines œuvres de Chopin ont été orchestrées ou arrangées spécifiquement pour la danse. […] Mais je préfère présenter les pièces dans leur version originale. Elles provoquent l’envie de danser. »

Partant, avec Stanton Welch, de l’idée d’une danse abstraite, assez proche des « études » du compositeur, la chorégraphie à la fois classique, dépouillée et très musicale suit donc ce pianiste qui joue la valse n°1, Andante spianato et Grande Polonaise brillante op.22, les Ballades n° 1,2,3 et 4 ainsi que les  Nocturnes les plus célèbres, op.55 n°2, op.15 N°1, n°20.

Mais le plus étrange sans doute est cette leçon d’humilité d’un Lang Lang qui n’hésite pas à se mettre au service des danseurs, car fatalement, si ces derniers sont extraordinairement sensibles à la musique et parfaitement en mesure, le célèbre pianiste est également obligé de les suivre voire de les attendre par moment, ce qui pourrait le faire passer du rang de virtuose international à celui d’accompagnateur. Mais Lang Lang joue le jeu (sans jeu de mot) et se révèle par là-même un pianiste extrêmement délicat et d’une grande intelligence chorégraphique. Sachant être un partenaire musical idéal…

Les danseurs sont remarquables dans leur simplicité. La limpidité des lignes que leur permet une rigoureuse technique est parfaitement accordée à ce projet qui, au fond, ressemblerait presque à la mise en scène d’enchaînements de cours – une idée à la fois austère mais qui permet d’apprécier la danse dans ce qu’elle a de plus essentiel et de plus abstrait. Derek Dunn qui ouvre ce spectacle est, en ce sens, très représentatif de ce que l’on vient d’énoncer : des lignes très pures, une technique très sûre, une grâce certaine. Mais c’est aussi le cas de Kdonnent à leur technique toute sa finesse. Les filles ne sont pas en reste avec leurs corps de liane et leurs bras déliés qu’ils s’agissent de celles déjà citées ou de Karine Gonzalez, Nazomi Iijima ou Laura Strongin. Tous savent respirer et laisser place au silence, dans l’attente de la noatherine Precourt, (grande avec des jambes qui n’en finissent pas) et Brian Waldrep qui dansent en duo l’Étude N° 7 op.25, d’un formidable quintette qui réunit Jessica Collado, fluide et musicale qui se lance dans un trio acrobatique avec Brian Waldrep et Ian Casady puis rejoignent Allison Miller et Connor Walsh, un excellent danseur puissant et rapide (Ballade N° 4 op 52). D’ailleurs les frères ( ?) Walsh, Connor et Joseph, impressionnent par leur style à la fois musclé et émotif, acrobatique et langoureux, avec de subtils amortis qui te, dans cet interstice du temps qui se suspend au désir de la suivante.

Lang Lang avoue que son but est la promotion de la musique classique « Je profite de ma notoriété pour promouvoir la musique classique auprès des jeunes, lance-t-il. Je n’ai jamais pensé être une pop star et je ne suis pas un adepte du cross-over. Je reste un artistique du classique. C’est la raison pour laquelle j’ai créé ma propre fondation – international music foundation  qui permet aux enfants de découvrir le piano, mais aussi d’aider les surdoués. Les amateurs sont notre public de demain. »

Agnès Izrine

Spectacle intégral à voir ici :  http://culturebox.francetvinfo.fr/lang-lang-dance-poject-sons-de-lame-au-tce-144383

1er novembre 2013 – Théâtre des Champs-Élysées.

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