Le Concours de promotion interne de l’Opéra la suite

Le Concours de promotion interne de l’Opéra national de Paris pour les femmes s’est déroulé le 9 novembre dernier.

Première constatation : le niveau technique des différentes classes était globalement plus homogène que celui des hommes et d’un meilleur niveau technique général. Mais généralement, on exige toujours plus des danseuses que des danseurs, ceci expliquant peut-être cela.

Dans la classe des Quadrilles, Célébration de Pierre Lacotte ne le cédait en rien à la difficulté de la variation des « Pierres précieuses » de la Belle au bois dormant imposée aux hommes ! Dans l’ensemble, elles se sont plutôt bien sorties de cette variation plus que traitre et il est indubitable qu’ Hannah O’Neill et Léonore Baulac, les deux danseuses promues sont celles qui ont le mieux maîtrisé cette variation. Idem pour les variations libres, La Gamzatti d’ Hannah O’Neill étant superbe et In the middle somewhat elevated de William Forsythe bien envoyée. On a beaucoup apprécié aussi la Manon de Leïla Dilhac (3e nommée) très dansante, très musicale, un peu moins la Coppélia de Laura Bachman (4e nommée), malgré sa musicalité évidente.  On est moins convaincu par l’Esmeralda de Jennifer Visocchi (5e nommée), mais on a toujours l’impression que les jeunes danseuses ne comprennent pas la sensualité de Roland Petit, enfin Alice Catonnet (6e nommée) dont la variation de  Don Quichotte certes bien dansée techniquement n’était pas très intéressante, mais il s’agit de son premier Concours. Par contre, la variation de Nikiya de Claire Gandolfi, était émouvante, même si sa prestation dans l’imposée était un peu décevante.

Chez les Coryphées, la variation de la Flûte extraite de Suite en Blanc de Serge Lifar n’est pas une des plus ardue du répertoire mais demande du style et manifestement certaines des candidates ont eu un peu de mal à appréhender les subtilités du langage lifarien. Seule Sae Eun Park a été promue. Aucune majorité n’étant dégagée à l’issue du quatrième scrutin pour la deuxième place, le classement n’est pas effectué au-delà de la première place. Sa « Flûte » était impeccable techniquement, mais elle aussi semblait ne pas trop accorder d’importance à la gestuelle des bras, pourtant essentielle dans cette variation. Par contre, elle dominait largement la classe dans sa variation de l’ « Automne » des Four Seasons de Jerome Robbins. Et effectivement, on comprend un peu que le jury ait eu du mal à continuer un classement parmi toutes ces danseuses dont aucune ne se distinguait vraiment par rapport aux autres. Peut-être Aubane Philbert, plutôt musicale dans La Flûte et émouvante dans Clavigo et surtout Charlotte Ranson, très bien dans l’Élue du Sacre du printemps de Maurice Béjart (mais décevante dans sa variation imposée) et Letizia Galloni, jolie danseuse pleine de charme mais qui a manqué de technique pour ce Concours.

Amandine Albisson a été nommée Première danseuse. Ce n’est pas vraiment une surprise, son nom circulant déjà bien avant le Concours ce poste. En réalité, la nomination d’Amandine Albisson est parfaitement justifiée au vu de ses apparitions sur scène dans l’année, notamment dans La Sylphide…Cependant, elle n’a pas brillé autant que l’on aurait pu l’espérer au Concours, sa prestation dans la variation imposée de la Valse Fantastique de Raymonda n’étant pas des plus réussies et son interprétation de Nikiya restant un peu terne, comme sur la réserve… Mais d’une certaine façon, c’était un peu le cas de toutes les concurrentes, surtout dans la variation imposée qui ne permettait pas vraiment de déployer des atouts techniques, ni même d’interprétation, son enjeu principal se situant semble-t-il dans le lyrisme des bras. Si l’on se contente d’ailleurs de l’imposée, c’est sans doute Charline Giezendanner qui aurait eu toutes les chances d’être promue ! La suite du classement est tout aussi étrange : Sarah Kora Dayanova était très sensible dans Mirages (mais elle l’avait déjà présenté auparavant en Concours, ce qui lui avait d’ailleurs permis de devenir Sujet !), Laura Hecquet (2e nommée) restant timide dans le même rôle. Charline Giezendanner (5e nommée) était parfaite dans « Le Printemps » de Four Seasons de Jerome Robbins, Aurélia Bellet (3e nommée) et Sabrina Mallem (6e nommée) ne nous ayant pas particulièrement impressionné ni dans leurs libres, ni dans leurs imposées.

Finalement, les résultats de ce concours 2013 reflètent plutôt bien ce que l’on a pu remarquer lors de cet examen, même si on peut regretter l’absence de deuxième nomination pour les Sujets.

Agnès Izrine

Photos à venir

Lire aussi : https://dansercanalhistorique.com/2013/11/06/le-concours-de-promotion-interne-de-lopera-national-de-paris/

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