3 questions à… Josette Baïz

Josette Baïz@Yohanne Lamoulère

Josette Baïz@Yohanne Lamoulère

Pourquoi chorégraphiez-vous ?
Sans que je sache trop pourquoi, cela me renvoie en arrière dans le temps ! Plus précisément à ce jour dont je me souviens encore où étant enfant je me suis mise à chorégraphier sur une place de Paris pour ceux de mon âge qui habitaient dans le quartier. Malgré la très grande jeunesse qui était la mienne à ce moment-là, je pense que j’avais déjà un désir d’imaginer, construire et communiquer à travers des corps réunis par la danse. En quelque sorte et bien que je n’en sois pas vraiment sûre, peut-être qu’une partie de mon âme est-elle restée là-bas ? Ce qui pourrait dès lors expliquer que je n’ai jamais cessé de chorégraphier pour des jeunes interprètes ? Ce qui est davantage avéré, c’est que je conçois l’acte chorégraphique comme un moyen enrichissant d’utiliser la spontanéité et l’immédiateté dont savent faire preuve les jeunes. Avec eux, je suis beaucoup moins confrontée au filtre mental qui est celui des adultes. Cela nécessite plus de temps pour arriver à un résultat professionnel qui soit abouti et présentable sur scène, mais c’est néanmoins très exaltant.

Josette Baïz@Yohanne Lamoulère

Josette Baïz@Yohanne Lamoulère

Quel est, selon vous, le plus grand chef-d’œuvre chorégraphique ?
N’étant pas de nature sectaire, il y en a un certain nombre parmi toutes les œuvres que j’ai vues. Je retiens non pas une mais trois qui m’apparaissent particulièrement signifiantes. Newark de Trisha Brown, Café Müller de Pina Bausch et In the Middle Somewhat Elevated de William Forsythe. La première pour la force avec laquelle la pesanteur et la liberté sont réunies à travers les corps. J’étais tellement estomaquée quand j’ai vu cette pièce que j’ai presque failli arrêter de chorégraphier ! La deuxième pour les énergies qui y sont théâtralisées avec merveille. L’histoire ici racontée par la danse ne pouvait que me marquer car j’ai moi-même été élevée dans un café. La dernière pour la technicité et les rythmiques folles qu’elle dégage.

In the Middle Somewhat Elevated par Sylvie Guillem et Laurent Hilaire

Quel est le chef-d’œuvre chorégraphique qui vous endort ?
Je n’en suis pas fière, mais j’avoue que cela m’est arrivée une fois devant Rosas danst Rosas de Anne Teresa De Keersmaeker, qui est pourtant l’une de mes pièces préférées. J’étais en tournée à Barcelone et je suis allée la voir malgré mon manque de sommeil et mon énorme fatigue du moment. J’ai horriblement lutté pour ne pas m’endormir mais mon corps n’a pas résisté ! En temps normal je ne sommeille pas, mis-à-part peut-être sur une pièce qui cumulerait le fait d’être longue, sans rythme et truffée de redondances monotones.

Propos recueillis par Valentin Lagares

Josette Baïz est fondatrice et chorégraphe du Groupe Grenade et de la Compagnie Grenade. http://www.josette-baiz.com

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