L’âme au diable

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C’est un drôle de spectacle, avec des drôles de chansons pas drôles du tout, interprétées par trois drôles, j’allais dire de gars, mais il y a une fille. Bref. L’âme au diable, puisque c’est son nom, réunit Jérôme Marin, Daniel Larrieu et Marianne Baillot, qui mettent en scène et chantent un répertoire de cabaret des années 1930, pour la plupart des titres, dont la teneur a de quoi faire dresser les cheveux tant leurs paroles véhiculent de haine raciste, de veulerie, de misogynie et j’en passe, sur des mélodies légères et harmonieuses pour ne pas dire sympathiques… Entre  Viens dans ma casbah, Nous les Français, On dit qu’il en est, Voulez vous de la canne à sucre ? et Le Carnaval Y’a bon qui n’était autre que la marche officielle du carnaval de Nice en 1930 on a le choix des cibles et des bas instincts. Exhumés des enfers de la Chanson française, cet arrêt sur image nous renseigne sur l’air du temps de l’époque et les discours de la société du moment.

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Jérôme Marin, est un habitué du cabaret. Il a déjà imaginé et joué plusieurs spectacles de théâtre et de chansons, notamment autour de l’univers de Karl Valentin et de l’absurde. C’est ce qui lui a inspiré le personnage de Monsieur K. qui fera ses armes avec le répertoire de Kurt Weill et prendra son envol en 2006. Il organise des soirées cabaret décalé et sort le premier album enregistré en public de Monsieur K, intitulé L’antre de l’ogre. En 2011 il crée avec François Chaignaud Sous l’ombrelle.  C’est là qu’il découvre ce répertoire et confronte son corps à son interprétation et pousse la réflexion sur la notion de divertissement. Une collaboration avec Daniel Larrieu en novembre 2011 fera le reste et décidera de ce nouveau spectacle plutôt délicat à monter. Marianne Baillot, performeuse remarquable rencontrée entretemps, sera le contrepoint de ces chansons diablement diaboliques.

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Pour Daniel Larrieu, l’aventure est inédite. Car s’il a déjà joué magistralement une Divine où il incarne les figures singulières et interlopes de Notre-Dame des fleurs de Jean Genet, il n’a jamais poussé la chansonnette sur scène. Par contre, on sait à quel point il est capable d’introduire de la poésie et de la finesse chorégraphique pour véhiculer une pensée recherchée… Et là, le challenge est de taille. Et sachant que l’humour de Pierre Dac est de la partie, gageons que L’âme au Diable saura mettre au jour toutes les noirceurs de ces âmes pour mieux les conjurer. Il ne faudrait pas oublier Jean-Yves Rivaud, compositeur et pour l’heure homme piano de ces voix pleines ou feutrées qui accompagnera toutes ces horreurs de notes plus douces.

Création le vendredi 20 décembre à la Scène nationale d’Orléans.http://www.scenenationaledorleans.fr/

  • Compagnie de l’Eau qui dort Sur une idée de Jérôme Marin
  • Création et interprétation Marianne Baillot, Daniel Larrieu, Jérôme Marin
  • Scénographie Sylvain Dufour
  • Musique Jean-Yves Rivaud
  • D’après un répertoire choisi dans les enfers de la chanson française

Vendredi 20 décembre 20h30 – Salle Barrault
Renseignements et location 02.38.62.75.30

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