Ballet de Genève : « Mémoire de l’ombre »

En France, on connaît peu le chorégraphe Ken Ossola. Formé par la grande pédagogue Béatriz Consuelo à Genève, il est longtemps intrerprète pour le prestigieux Nerderland Dans Theater  dirigé alors par Jiří Kylián.  Selon Philippe Cohen, directeur du Ballet du Grand Théâtre de Genève, qui lui a commandé cette création : « Ken Ossola est un artiste de l’ombre et de la lumière, un artiste qui calligraphie plus qu’il ne chorégraphie. Ses ballets sculptent les corps des danseurs dans une apparente fragilité teinté d’harmonie et de paix intérieure. »

Galerie photo de Gregory Batardon

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Et effectivement, Mémoire de l’ombre est une chorégraphie pleine de mystère et de secrets, qui n’a pour récit que la somptueuse musique de Mahler, choisie parmi ses chefs-d’œuvre  le plus poignants à savoir : Le Chant du compagnon errant, Der Abshied du Chant de la terre interprété par Kathleen Ferrier ou le célèbre Adagietto de la 5e symphonie ou la Symphonie N°2 « Résurrection »

D’une certaine façon, créer sur une musique aussi forte tenait de la gageure. Mais Ken Ossola est coutumier d’un choix de partitions de haut niveau à du Requiem de Fauré sur lequel il avait créé Lux pour ce même Ballet du Grand Théâtre de Genève en 2009.

 

 

Sur ce thème de l’ombre, le chorégraphe sait faire émerger une danse sombre et belle, tout en profondeur. D’origine en partie coréenne, bien qu’adopté par une famille genevoise à trois ans, Ken Ossola a gardé un rapport à la fois organique et spirituelle à la nature et au mouvement dont Mémoire de l’ombre est empreint.  Les circonvolutions des danseurs dessinent sous nos yeux une forêt dense ou s’enroulent les uns aux autres avec la légèreté et la grâce immarcescible d’une feuille.

Mais Mémoire de l’ombre est aussi une histoire enfouie, qui s’inscrit dans les pleins et les déliés d’une gestuelle délicate mais forte, qui font signe vers cette petite enfance inconnue, qui resurgit des ténèbres de l’inconscient avec la clarté d’une étoile dans la nuit.

Galerie photo de Gregory Batardon

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L’ensemble des danseurs du Ballet du Grand Théâtre de Genève se glissent à merveille dans cette chorégraphie émotive et sensible, se jouant d’une virtuosité technique aussi nécessaire que dissimulée dans une fluidité apparente.

On reprochera juste à la scénographie de ne pas être tout à fait à la hauteur de suggestion du reste de la pièce. L’effet de plastique du rideau tout comme les costumes un peu trop nombreux et trop travaillés devenant parfois trop présents par rapport au dépouillement qu’aurait supposé cette belle chorégraphie.

Agnès Izrine

Mémoire de l’ombre / Ken Ossola & le Ballet du Grand Théâtre de Genève, Bâtiment des forces motrices, Genève, du 13 au 20 février 2014.

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