Alban Richard : Et mon cœur a vu à foison

Le Moyen Âge était spirituel ou il n’était pas, pourrait dire Alban Richard à propos de son voyage gothique, élisabéthain et parfois d’inspiration asiatique. Guerres, Mystères et films d’horreur ont inspiré Et mon cœur a vu à foison, mais aussi, et surtout, les œuvres de Bosch, Brueghel, Shakespeare…

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Sur scène, onze hommes se glissent dans des filets noirs, jupes ou peaux de bêtes, se dénudent ou portent des cornes de bouffon, façon Till l’Espiègle. « Les costumes font partie intégrante de la dramaturgie », prévient le chorégraphe. C’est peu dire. Ils sont les miroirs de tous les fantasmes, de la féminité à la transe, du carnaval au chamanisme, de la folie à l’apocalypse. Pleurer, délirer, s’épouvanter, entrer en extase etc… pour changer de registre sur commande, voilà qui demande, au-delà des belles études anatomiques et gestuelles, de la part des danseurs-acteurs des capacités expressives hors norme.

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Sept chambres comme autant de tableaux ou cercles infernaux, comme sept manières de se jeter corps et âme dans la transe, l’épouvante, la danse ou la folie.  Mais si le cœur y voit à foison, l’œil sait raison garder. Et mon cœur…  fait partie de ces créations qui expriment la nostalgie d’un temps où la communauté et le rituel structuraient la vie et les esprits. Un Jan Fabre ne renierait pas cet univers, pour l’animalité évoquée et la traversée du miroir en direction du monstre caché. Ni un Emio Greco par ailleurs, pour la recherche  de beauté et le flirt avec le sacré. Mais chacun d’entre eux sait pousser la folie plus loin que Richard qui reste assez allusif. Pour mieux embarquer le spectateur, ce cabaret a peut-être besoin d’un cadre plus intimiste que le plateau nu de la grande salle du Théâtre national de Chaillot. Peut-être que ça sentirait moins le compromis et plus la fusion entre masculinité et féminité, entre les époques et les hémisphères, humanité et animalité, le chaud et le froid, le noir et blanc et les couleurs, entre rigueur catholique et folie de la farce.

Texte et photos : Thomas Hahn – 5 au 7 mars 2014 – Théâtre national de Chaillot

Spectacle intégral à voir ici : http://culturebox.francetvinfo.fr/et-mon-coeur-a-vu-a-foison-au-theatre-national-de-chaillot-150175

Conception, chorégraphie et mise en scène Alban Richard
Lumières Valérie Sigward
Musique Robin Leduc
Son Félix Perdreau
Costumes Corine Petitpierre
Confection des costumes Anne Tesson et le service habillement du Théâtre National de Chaillot
Assistante chorégraphique Daphné Mauger
Conseillère en analyse fonctionnelle du corps dans le mouvement dansé Nathalie Schulmann

Avec Romain Bertet, Jean-Baptiste Bridon, Arnaud Cabias, Nicolas Chaigneau, Cédric Cyprien, Max Fossati, Massimo Fusco, Yannick Hugron, Sylvère Lamotte, Robin Leduc, Julien Touati

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