Paul-André Fortier : « Vertiges »

Les « Vertiges » de Paul-André Fortier face à son violoniste de choc

Ne dit-on pas des grands acteurs qu’ils pourraient réciter le bottin sans perdre de leur fascination ? Paul-André Fortier est de cette trempe. Le résultat : Sur le plateau le Montréalais jouit d’une liberté absolue. Et la complicité entre lui et le violoniste Malcolm Goldstein est inénarrable, car le sujet et la source même de « Vertiges ».

Paul André Fortier et Malcolm Goldstein @Robert Etcheverry

Paul André Fortier et Malcolm Goldstein @Robert Etcheverry

 

La musique devient geste chorégraphique, et inversement. Goldstein amène l’esprit des origines de la Judson Church, où il participait aux aventures de Lucinda Childs, Yvonne Rainer et autres, mais aussi avec John Cage. Devenu Montréalais d’adoption, l’ex-New yorkais présente avec Fortier ce duo à Paris, sur ce qu’il dit être son dernier voyage en Europe. Goldstein a en effet 78 ans et il faut se précipiter pour le voir dans cet échange libératoire avec la danse.

La liberté c’est de n’avoir plus rien à prouver. Aussi précis et expressif soit-il, on retrouve dans ce duo l’esprit des origines, nourri d’une conscience aiguisée de chaque geste. « Vertiges » se compose d’innombrables séquences, portées par deux performers plus que captivants, qui mettent en scène leur petites conversations gestuelles dans un esprit très ludique.

 

 

Au sol, l’éclairagiste-scénographe John Munro a installé des chaînes lumineuses qui rappellent des bougies. Les fils des lampes à incandescence font écho à la relation symbiotique entre danse et musique C’est d’autant plus frappant qu’on voit de plus en plus de spectacles éclairés au LED. Les ampoules classiques dégagent soudainement une ambiance intimiste, chaleureuse et quasiment romantique.

 

Paul André Fortier et Malcolm Goldstein  @ Robert Etcheverry

Paul André Fortier et Malcolm Goldstein @ Robert Etcheverry

 

 

Fortier rayonne discrètement, sans insister, mais irradie du début à la fin, la tête tellurique et le corps lourd mais en même temps aérien. Chaque esquisse est portée par un esprit performatif et se suffit à elle-même. Mais tout a été écrit à partir de la rencontre de Fortier et Goldstein et est donc un authentique témoignage dansé d’un demi-siècle de traversée de la vie et de l’histoire de la danse. Si la modern dance a libéré le corps du joug des mesures et du compte, c’était donc pour mieux se retrouver, façon bonne franquette, autour de quelques Vertiges.

 

Thomas Hahn

 

Théâtre national de Chaillot, Du 8 au 11 avril à 19h

 

http://theatre-chaillot.fr/

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