« She » de Saburo Teshigawara

gallery02

« SHE » @ Aya Sakaguchi

C’est presque un petit festival. Le plus grand des chorégraphes contemporains japonais vient au Théâtre national de Chaillot, ayant remonté « Dah-Dah-Sko-Dah-Dah ». Et en lever de rideau, la danseuse principale de sa compagnie étonne avec « She », un solo tonitruant, à la Maison de la Culture du Japon à Paris.

Rihoko Sato est la danseuse emblématique de la compagnie Karas, toujours aux côtés de Teshigawara. En 2003, l’égérie assiste le maître quand celui-ci crée Air  pour le Ballet de l’Opéra de Paris, au Palais Garnier.

Dans She, elle expose en une heure toute la grammaire de son étonnant savoir-bouger. Primaballerina d’une autre étoile, elle se jette dans les bras de l’air. Son corps devient quasiment végétal, le port de bras libre comme des lianes, le buste en rotation inverse. Ainsi elle passe, par tous les registres. Mise en scène par le maître dans une très rapide succession de tableaux, basculant de rituels façon Pogo à des ambiances sacrales, Sato prouve qu’on peut se situer dans la virtuosité absolue et dans l’avant-garde en même temps.

 

 

Elle brûle les planches ou se fige pour se consumer de l’intérieur, dans une ambiance de monastère. Et même si l’égérie du maître dansera dans Dah-Dah-Sko-Dah-Dah  plus ou moins la même palette de mouvements que dans  She, on sera heureux de la retrouver. Et elle sera heureuse de redanser. À la fin de She, quand les yeux du spectateur font des nœuds, la Sato salue dans un état de fraîcheur (apparent?) qui laisse pantois.

 

Ce solo, véritable portrait d’une insatiable, montre plus clairement que les pièces de groupe de la compagnie Karas, à quel point on peut considérer Teshigawara comme un chorégraphe américain. Sato prouve qu’elle est la Louise Lecavalier du Japon, tant elle sait accélérer ses débats internes entre l’intention du mouvement et leur résultat. Elle devient diaphane jusqu’à atteindre un phénomène que Trisha Brown avait recherché dans Glacial Decoy. Et la danse de Teshigawara est en soi très cunninghamienne, dans le sens où le Japonais accorde à chaque partie du corps la même importance, fut-ce le petit doigt. Le spectateur ne peut que percevoir le plus petit mouvement avec la même attention que le plus large.

Thomas Hahn

 

« She » avec Rihoko Sato

Dirigé par Saburo Teshigawara

Du mercredi 7 au vendredi 9 mai 2014 à 20h

Maison de la culture du Japon à Paris, 101 bis, quai Branly 75015 Paris

Tarif 20 € / Réduit 16 € Réservation 01 44 37 95 95

 

Saburo Teshigawara/KARAS

DAH-DAH-SKO-DAH-DAH

Théâtre National de Chaillot – Salle Jean Vilar

Première en France

Du 13 au 16 mai 2014, 21h

Durée 1h10

Renseignements 01 53 65 30 00/www.theatre-chaillot.fr

Tarifs 33 € (plein tarif), 25 € (tarif réduit) 13 et 11 € (tarifs jeunes)

 

 

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :