June Events : Danya Hammoud

June Events : Danya Hammoud confirme sa percée

« Mes mains sont plus âgées que moi », affirme-t-elle. Sans doute parce qu’elles sont obligées de manipuler trop de cadavres. Les vivants enlèvent les morts, qui renaissent, et meurent encore… Ainsi va la partie centrale de la pièce, sur des airs de Schubert. Que faire des morts ? Certains reçoivent comme une ablution, d’autres sont tirés par les jambes ou poussés sans égard. Et tous se relèvent, pour re-mourir peu après.

 

Galerie photo de Laurent Philippe

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Danya Hammoud, Khouloud Yassine et Mounzer Baalbaki s’engagent dans ce cycle mortuaire comme des absents, comme dans un lointain écho d’une terreur qui peut être celle d’une guerre ou d’une épidémie. Quand l’âme est meurtrie, les corps agissent tels des fantômes.

Le cycle de la violence rappelle la tragédie grecque. Comme chez Eschyle, la pièce s’articule en trois actes. Le premier est une rencontre avec le néant et la douleur, à la recherche d’une consolation. Le deuxième est répétitif comme les chutes dans Café Müller, revues par Beckett peut-être. Le troisième est une explosion de colère, face à l’impuissance.

 

Galerie photo de Laurent Philippe

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L’homme s’adresse au public, aux absents, aux morts ou bien aux vivants qu’il croiserait dans la rue. Il leur adresse des gestes brusques et explosifs. Jamais on n’a « entendu » avec autant de force les cris de colère d’un visage muet et d’une paire de bras. Baalbaki est un comédien étonnant. Chaque pique rappelle les gestes d’un chef d’orchestre, et Mes mains sont plus âgées que moi se décline en trois mouvements, un lento grave, un andante ritardando et un vivace furioso où l’énergie foudroyante de Baalbaki fait penser au Krump.

La recherche de Hammoud, déjà très remarquée pour son solo Mahalli explore le corps individuel comme territoire d’une épopée collective qui inclut la quête, le tragique et la poétique. Elle confirme ici qu’elle est prête à creuser un sillon dans le paysage chorégraphique qui nous ramène à un regard lucide sur l’humain, en dépouillant avec force ses chorégraphies, dramaturgies et scénographies, pour ne s’occuper que du plus essentiel.

Thomas Hahn

 

Danya Hammoud : Mes mains sont plus âgées que moi

Création mondiale le 4 juin 2014, Atelier de Paris, festival June Events http://www.junevents.fr/

 

Prochaines dates : le 17 juin au festival Uzès Danse http://www.uzesdanse.fr/

 

Soutenue par le réseau des DCD, la pièce fera une belle tournée en 2014/15 :

9 et 10 octobre : Le Quartz, Brest

15 octobre : L’Echangeur – CDC Picardie

22 janvier : Le Cuvier – CDC d’Aquitaine

24 janvier : CDC Toulouse

27 janvier : Pôle Sud – CDC Strasbourg

29 janvier : Art Danse – CDC Dijon

3 février : Le Pacifique – CDC Grenoble

8 avril : CCN de Caen

12 avril : Le Grand Bain / Le Gymnase – CDC Roubaix.

 

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