« Archive » d’Arkadi Zaides

Né en Biélorussie Arkadi Zaïdes arrive en 1990 en Israël où il intègre la Batsheva Dance Company. Depuis 2009, il poursuit une carrière indépendante et a déjà créé Quiet qui réunissait dans un même spectacle israéliens juifs et arabes, et Land Research qui interrogeait le concept de territoire.

Avec Archive, il invente une sorte de « solo documentaire » basé sur des films recueillis par une association israélienne pour les droits de l’Homme B’tselen. Celle-ci dénonce régulièrement les violations de droits des Palestiniens par l’armée, les colons ou le système judiciaire. Elle donne, depuis 2007, des petites caméras aux Palestiniens résidant dans les territoires occupés pour filmer les provocations qu’ils subissent. Ce sont ces films qui servent de matériau à Archive.

Galerie photo de Christophe Raynaud de Lage

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En les utilisant, Arkadi Zaïdes confronte son corps à ces documents, citant d’où provient chaque extrait projeté sur un écran. Télécommande à la main, il commente par le corps ce qui s’affiche.
Ce procédé ne permet de voir qu’un côté des choses : celui des agressions israéliennes, puisque ce sont les Palestiniens qui filment. Mais c’est le propos d’Arkadi Zaïdes qui a pour objectif de confronter son corps d’Israélien à celui des colons, des soldats, etc.

Si l’idée est plus que louable, surtout dans le contexte actuel, sa réalisation s’avère un peu laborieuse.

En effet, Arkadi Zaïdes reproduit les gestes perpétrés à l’écran. De manière acharnée, presque obsessionnelle puisque certains films sont montés par lui-même en boucle, il rejoue inlassablement la même partition. La documentation sur l’extrait. L’extrait. Le geste qu’il reprend. Ce parti pris pourrait finir par faire œuvre. Ce qui est plutôt le cas dans les dix dernières minutes du spectacle où, telle une accumulation insupportable, il enchaîne une espèce de vocabulaire gestuel de la violence qui finit par faire sens.

Galerie photo de Christophe Raynaud de Lage

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Néanmoins, et même si l’on perçoit bien son questionnement, à savoir, puis-je ressembler à cet homme ou à cet enfant qui commet des exactions que je réprouve et qui me sont étrangères ? – la plupart du temps, le spectateur reste en dehors de la démonstration, ne comprenant pas toujours ce qui se passe à l’écran et la reproduction répétitive des scènes à l’identique laissant finalement un peu froid.

Pour autant, il ne manquerait sans doute pas grand chose pour qu’Archive prenne toute sa profondeur, et l’on peut imaginer qu’avec un peu de travail supplémentaire, la pièce prenne toute sa dimension lorsqu’elle sera présentée au théâtre national de Chaillot (du 22 au 30 janvier 2015).

Agnès Izrine

Du 8 au 14 juillet 2014 – Festival d’Avignon Tinel de La Chartreuse de Villeneuve-les-Avignon

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