« Don Giovanni. Letzte Party » à Avignon

Don Giovanni. Dernière fête. Une comédie bâtarde librement adaptée de Wolfgang Amadeus Mozart et Lorenzo Da Ponte, sous titrent les auteurs. Et c’est exactement ça.

Le jeune metteur en scène, Antú Romero Nunes, chilien établi en Allemagne s’est attaqué à ce mythe de l’Opéra, s’inspirant à la fois du livret de Da Ponte, mais aussi de la musique de Mozart. Car, et c’est presque toujours le cas dans les opéras de Mozart, la musique ajoute ce que le livret omet. Cette mise en scène foutraque, en collaboration avec le musicien Johannes Hofmann, a donc campé des personnages « en creux » . Certes, il est préférable de connaître l’opéra avant de voir cette libre retranscription, mais on peut s’en passer et du coup, faire sa propre lecture pour réinventer ce personnage aussi séduisant que vénéneux, dont l’appétit de vivre n’égale que le goût de jouer avec la mort.

 

Galerie Photo de Christophe Raynaud de Lage

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Ce spectacle rappelle également ces « opéras de poche » qui furent joués en Europe centrale, où les acteurs-chanteurs jouent des rôles multiples et où l’imagination suppléait au manque de moyens.

Ici, l’orchestre est incarné par un groupe de filles plutôt punk rock, avec leurs jupes à frous-frous et leurs bottines de cuir, mais dont l’entrain et la maîtrise musicale ne le cèdent en rien à un orchestre de chambre classique. Les chanteurs sont aussi acteurs et peu importe si certains n’ont pas les voix adéquates, comme Karin Neuhäuser à la fois le Commandeur et la Mort dans un ingénieux raccourci. On a particulièrement apprécié le Don Govanni de Sebastian Zimmler et le maître de cérémonie – Leporello porté par Mirco Kreibich, qui fait démarrer le spectacle par une improbable leçon de chant lyrique.

 

Galerie Photo de Christophe Raynaud de Lage

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Le plateau est nu, mais un formidable dispositif d’éclairage supplée à tout dans une scénographie somptueuse et virevoltante qui met en valeur cette équipe d’exception.

Le spectacle, d’une formidable énergie, est totalement déjanté et surprenant, déconstruit avec finesse son modèle, mais, comme dans le livret, rend hommage, aux femmes, au champagne et à la liberté. Transformant même l’entracte en fête privée et baroque – défendue aux hommes !

Interdit aux esprits chagrins.

 

 

Agnès Izrine

Du 8 au 11 juillet 2014 – Festival d’Avignon – Opéra Grand Avignon

Avec le soutien de la Fondation BNP Paribas.

 

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