Josef Nadj artiste associé au festival Mimos

Le festival Mimos (Périgueux, du 28 juillet au 2 août) présente la création française d’un tout nouveau spectacle, interprété par Josef Nadj et Ivan Fatjo, accompagnés des musiciens Akosh Szelevényi et Gildas Etevenard : Paysage inconnu.

Paysages et animaux sont des plus belles obsessions du chorégraphe hongro-serbe. Dans Last Landscape (Dernier paysage), d’abord une pièce et ensuite un film, il explorait déjà ses rapports intimes avec les paysages mystérieux de Kanizsa, en Voïvodine, aux bords du fleuve Tisza. Auprès de ceux qui suivent son parcours, il a construit une véritable légende autour de ces marécages, leurs ambiances et leur argile. Qu’en amène-t-il dans cette nouvelle création pour deux animaux transcendant le corps humain, deux seaux et deux baignoires?

 

 

Ici, où le mouvement s’affranchit de la réflexion pour devenir immédiat, nous sommes au cœur de l’univers et de la mythologie de Josef Nadj, artiste associé de cette édition. C’est par ailleurs la première fois que Chantal Achilli, directrice de l’Odyssée (scène conventionnée pour le corps en mouvement) et du festival Mimos, présente un artiste associé.

Il faut bien que quelqu’un prenne la relève d’Avignon (et Montpellier Danse)… Ceci dit, Nadj n’a pas joué le même rôle dans la programmation que les artistes associés d’Hortense Archambault et Vincent Baudriller. Mais il sera présent aussi en tant qu’invité d’honneur pour une table ronde consacrée aux enjeux en matière de transmission dans le domaine des arts du geste. Il présente une exposition de ses dessins et à Cap’Cinéma, salle principale de Périgueux, on verra les captations de ses précédents spectacles présentés à Mimos.

Un aperçu des recherches chorégraphiques actuelles

En dehors de Nadj qui a remporté à plusieurs reprises le prix de la critique (qui n’existe plus et ne contribue donc plus au rayonnement du festival), on retrouve également le duo belge Mossoux- Bonté, pas moins couronné et distingué à Mimos, qui présente sa dernière création, pertinente, percutante, très dynamisante et déjà mise en valeur ici-même : https://dansercanalhistorique.com/2014/02/19/mossoux-bonte-histoire-de-limposture/

 

Cie Mossoux-Bonté @ Thibault Gregoire

Cie Mossoux-Bonté @ Thibault Gregoire

Troisième temps fort : Cesc Gelabert ! Le pionnier de la danse contemporaine espagnole revisite les danses traditionnelles basques pour thématiser leur présence dans l’identité des habitants des provinces euskadi, des deux côtés de la frontière, dans le monde actuel.

 

"Hakanai" © Romain Etienne

« Hakanai » © Romain Etienne

À l’opposé, apparemment, on trouve la recherche d’Adrien M / Claire B sur l’interactivité entre le geste chorégraphique et les scénographies virtuelles. Leurs environnements en constante métamorphose sont un véritable hommage à l’imagination et au rêve. Dans Hakanaï, leur toute dernière création (2013), une danseuse évolue dans un cube qui devient le lieu de tous les imaginaires. Après la performance, les spectateurs peuvent eux-mêmes explorer l’espace interactif.

 

Ajoutez à cela deux spectacles de hip-hop et un rappel du ballet romantique dansé sur un piano ambulant, et vous avez une édition qui fait bien plus que ramasser un spectacle de danse par-ci ou par-là.

Au contraire, on y trouve une mise en perspective de la recherche chorégraphique actuelle, entre le rapport aux origines et les quêtes d’avenir, les questionnements philosophiques au sujet de l’humain et le bouillonnement de ses relations sociales.

État des lieux des arts du cirque

Malgré cette richesse en matière de danse, Mimos ne se limite pas à l’art chorégraphique, mais propose au contraire un rendez-vous des arts du corps et du geste au sens le plus large. On y rencontre vingt-deux spectacles en tout, et cela inclut la marionnette, le clown, et, pour cette édition, le cirque contemporain avant tout .

Prenez Maalâm, intrigant solo de et avec Marlène Rubinelli-Giordano, qui voit une femme s’emparer d’un domaine traditionnellement masculin, le lancer de couteaux ! Derrière une éblouissante épure du geste, on devine la fureur sous-jacente, mais aussi la discipline du zen. Le couteau n’est pas lancé, il s’élance de lui-même.

Rubinelli-Giordano se drape de bleu profond, comme pour rétorquer à Blue Lady, œuvre fondatrice et libératrice de Carolyn Carlson au sujet de l’identité féminine. Les deux artistes ont en partage l’intérêt pour la calligraphie et les arts martiaux. Aussi, la lanceuse s’entraîne dans de véritables pas de deux avec une chaise, s’écrase au sol dans des roulades violentes ou se lance dans une sorte de danse macabre.

 

"Maalam" @ Geraldine Aresteanu

« Maalam » @ Geraldine Aresteanu

Et la voie est libre pour le trapèze, pour s’élever dans les airs alors qu’au sol la pyrotechnique s’embrase. Elle fait brûler tout ce monde qui l’enfermait et vole au-dessus des têtes du public. Voilà qui oblige à émettre une alerte. Les courants d’air pourraient vous incommoder, sans parler des frissons…

Si les compagnies confirmées sont programmées dans le « In », des spectacles gratuits sont à voir du matin au soir, dans le cadre de Mim’Off. On y découvre chaque année des artistes de très bon niveau et pour certains, Mim’Off a été le début d’une belle carrière.

 

Thomas Hahn

32e édition de Mimos

Périgueux, du 28 juillet au 2 août 2014

www.mimos.fr

 

 

 

 

 

 

 

 

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