Cesc Gelabert revisite la danse basque

On l’avait un peu perdu de vue, et le revoilà : le pionnier catalan de la danse contemporaine aborde l’univers de la compagnie d’Errenteria en créant à Périgueux, dans le cadre du festival Mimos, Gelajauziak, une variation sur le répertoire des régions Labourd et Gipuzkoa, provinces basques où on danse respectivement le Jauziak et le Doinu-zarrak.

 

 

Jon Maya, le chorégraphe de Kukai Dantza a souhaité solliciter un regard extérieur sur la tradition basque pour en redéfinir le lien avec la danse d’auteur actuelle. Aussi, Gelabert a attaqué à la fois par le lien entre les danseurs, la relation danse-musique et les costumes.

Le noir des pantalons et t-shirts ou vestes est décliné par des éléments rouges : une jupe chez un tel, un gilet ou une ceinture chez tel autre, sans parler des lacets… Sur fond d’alternance entre airs traditionnels et paysages sonores électroniques, le cercle originel se forme uniquement au début des séquences, alors que la chorégraphie se déploie face au public, sans contact physique ou autre, face à face direct.

Photo Thomas Hahn

Photo Thomas Hahn

 

Ici ce sont avant tout les pas de danse qui maintiennent le lien entre les interprètes. Le vocabulaire reste le même, son rôle et sa dynamique changent. Les gestes du quotidien, des sports basques et du travail s’intègrent d’autant plus facilement.

Devenant visible et lisible en tant que tel, le vocabulaire chorégraphique déploie sa beauté telle une sculpture vivante. Peut-on parler d’abstraction ? De déconstruction ? De relecture ? Il y a un peu de tout dans ce dialogue avec les codes et les valeurs de la communauté.

 

 

 

photo : Thomas Hahn

photo : Thomas Hahn

Gelabert avait une mission, il l’a accomplie avec bravoure. Gelajauziak peut rapprocher le public de la danse contemporaine de la tradition euskadi. L’intuition de Jon Maya, ici uniquement interprète, était juste. En Euskal Herria comme ailleurs, les chorégraphes contemporains ont tout à gagner en se rapprochant du patrimoine vivant et contribuent à sa redécouverte.

 

C’est là tout le sens que Maya donne à son œuvre, que ce soit en s’impliquant dans le projet transfrontalier du Ballet Biarritz avec le Teatro Victoria Eugenia de Donostia-San Sebastian ou en travaillant avec des artistes chorégraphiques internationaux comme Jone San Martin ou Israël Galvan.

Thomas Hahn

Gelajauziak – version pour cinq danseurs masculins

Création mondiale au festival Mimos, Périgueux, 30 juillet 2014

kukai.info

 

 

 

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