« Opus 14 » de Kader Attou

Sur un sol peint de volutes grises et glaise les danseurs d’Opus 14 s’élancent sur le plateau. Plus encore que les figures virtuoses, ce qui frappe d’emblée est la rapidité vertigineuse de ce hip-hop qui en met « plein la vue », avant de se retrouver dans un unisson impeccable, enchaîné sans ambages avec un solo tout aussi époustouflant. Opus 14, le quatorzième spectacle de Kader Attou ne se contente pas pour autant d’être une sorte de feu d’artifice hip-hop, mais un vrai travail sur l’écriture de cette discipline avec pour ligne de mire ce qu’il en reste quand on lui enlève tout le reste. L’enjeu n’est pas mince. D’autant que la chorégraphie – au sens strict du terme d’écrire la danse – s’attache tout autant à l’inscription dans l’espace que dans les corps. On peut donc suivre sur scène cette évolution dans la gestion du groupe, extrêmement bien menée, et dans la gestuelle qui mixe allègrement tous les codes du genre de façon très originale. Les désarticulations se font fluides, les prouesses jouent à se faire discrètes quand elles ne deviennent pas une nouvelle figure de groupe traité soudain comme un Corps de ballet !

Galerie photo de Laurent Philippe

Ce diaporama nécessite JavaScript.

L’attention portée au rythme est une composante essentielle de ce spectacle qui pulse l’énergie, la puissance de la danse, et des moments d’attentes comme autant de doutes ou d’émotions rentrées, il y a des courses, des avancées et des poses épaules contre épaules, nous rappelant que ces danseurs incarnent parfois une humanité en marche. Avant de repartir de nouveau plus haut, plus fort, dans des exploits acrobatiques à toute vitesse, dans des mouvements à la mécanique complexe et des unissons à trois, à quatre ou à seize. On passe de duos d’une vélocité extrême à des hésitations du corps, un solo presque titubant tandis qu’émerge de la bande-son aussi matiérée que la toile de fond, la voix de Caruso dans la romance de Nadir des Pêcheurs de perle de Bizet, sur lequel s’achève d’ailleurs le spectacle, comme un songe passager.

Galerie photo de Laurent Philippe

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Opus 14, avec ses seize danseurs tous excellents, ouvre la voie à un renouveau hip-hop, traité comme un vocabulaire, une syntaxe malléable à l’envi, aussi mystérieuse que les circonvolutions peintes par Ludmila Wolf qui déploie son dessin dans l’espace.

Agnès Izrine

Jusqu’au 17 septembre 2014 – Le Toboggan – Décines, Biennale de la danse de Lyon

http://www.biennaledeladanse.com/spectacles/opus-14-kader-attou.html

Galerie photo de Laurent Philippe

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Distribution :

Direction artistique et chorégraphie : Kader Attou

Musique : Régis Baillet — Scénographie : Olivier Borne — Création lumières : Fabrice Crouzet

Interprètes : Mickaël Arnaud, Sim’Hamed Benhalima, Damien Bourletsis, Amine Boussa, Sarah Bouyahyaoui, Bruce Chiefare, Babacar « Bouba » Cissé, Virgile Dagneaux, Erwan Godard, Nicolas Majou, Kevin Mischel, Jackson Ntcha, Artem Orlov, Mehdi Ouachek, Nabil Ouelhadj, Soria Rem.

En tournée :

Octobre 2014
le 11 à Sainte-Maxime, le Carré Léon Gaumont

Novembre 2014
les 6, 7, 8 et 9 novembre à Sceaux, Les Gémeaux, Scène Nationale

Décembre 2014
du 17 au 20 décembre à La Coursive, Scène Nationale de La Rochelle


ANNÉE 2015

Avril 2015
le 21 et 22 avril au CNCDC de Châteauvallon

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :