« Je suis descendu du plateau » et « Bataille intime », de Sylvain Groud

"Je suis descendu du plateau" @ Caroline de Otero

« Je suis descendu du plateau » @ Caroline de Otero

Les deux pièces courtes présentées par Sylvain Groud à Biarritz, dans le cadre du festival Le Temps d’Aimer, ne sont pas dans la veine de ses grandes compositions musicales telles que Cordes, ou participatives (People). Ici au contraire, le chorégraphe s’attachait à mettre à nu ce qui constitue l’essence même de sa danse : la scène et le geste. Le premier opus, qui s’appuie sur un texte de l’écrivaine Maylis de Karangal, décrit ‘de l’intérieur’ le cheminement artistique d’un danseur. Lu par le comédien Bruno Bayeux, Je suis descendu du plateau est mis en gestes par Jérémy Kouyoumdjian, dans le rôle du double de Sylvain Groud lui-même. D’ailleurs, ce dernier apparaît lui aussi sur scène, dans la posture – à tous sens du terme – d’un scénographe jargonnant dont la logorrhée verbale masque mal le manque d’inspiration. Mais hormis cet intermède à l’humour bienvenu, qui soulignait les réelles qualités d’acteur de Sylvain Groud, on peine à s’attacher à un propos qui demeure trop abstrait – la faute au texte ? – pour susciter l’empathie.

"Je suis descendu du plateau" @ Caroline de Otero

« Je suis descendu du plateau » @ Caroline de Otero

Construit sur un duo ô combien interactif entre deux personnages, Bataille Intime fonctionne peu ou prou sur le même enjeu : incarner charnellement un texte littéraire, en l’occurrence celui de Roland Topor. Dans cette confrontation de deux individus dont on comprend progressivement qu’ils ne forment qu’un, les mots, rares, laissent place aux corps. Face à face ou côte à côte, arc-boutés l’un contre l’autre ou à l’unisson, luttant ou se confondant. Le ‘Je’ présent sur scène est-il schizophrène, ou ne fait-il qu’extérioriser les batailles intimes de chacun d’entre nous ? La question reste posée, interprétée avec brio par Sylvain Groud et Bruno Bayeux. Libre à nous de préférer toutefois, à cet exercice de style sur un thème largement fréquenté, les originaux chemins de traverse habituellement empruntés par le chorégraphe.

Isabelle Calabre

Le 18 septembre 2014, Théâtre du Casino. Festival Le Temps d’Aimer la danse, Biarritz

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