Décès de Jean-Yves Lormeau

Avec Noëlla Pontois dans "Le Songe d'une nuit d'été" de John Neumeier

Avec Noëlla Pontois dans « Le Songe d’une nuit d’été » de John Neumeier

Nous apprenons avec une grande tristesse, le décès de Jean-Yves Lormeau, survenu le 18 novembre 2014.

Danseur issu du conservatoire  national supérieur de Paris, Jean-Yves Lormeau, né en 1952, entre sur concours à l’Opéra de Paris en 1971, après avoir obtenu le Premier prix du Conservatoire. Promu Sujet en 1974 et Premier danseur en 1977, il est nommé danseur Étoile en décembre 1981. Cette nomination, il la doit à un travail acharné, notamment avec Maître Yves Brieux.

Il s’illustre dans tous les grands rôles du répertoire, notamment dans Siegfried du Lac des cygnes,  et dans le Songe d’une nuit d’été de John Neumeier (1982), mais se fait également remarqué dans Temptations of the Moon de Martha Graham,  crée Mouvances de Roland Petit (1976), Sylvia remonté par Lycette Darsonval (1979) mais aussi Schema d’Alwin Nikolaïs (1980), ou Hautbois de Lar Lubovitch (1990).

DANCES AT A GATHERING – Jean-Yves Lormeau, Laurent Hilaire, Wilfried Romoli, Carole Arbo, Véronique Doisneau photo Jacques Moatti ©1991

DANCES AT A GATHERING – Jean-Yves Lormeau, Laurent Hilaire, Wilfried Romoli, Carole Arbo, Véronique Doisneau photo Jacques Moatti ©1991

Contrairement aux apparences, il n’est jamais là où on l’attend. Il a le physique idéal du Prince classique, mais ne néglige pas pour autant des incursions dans le contemporain, allant même jusqu’à solliciter, en 1995, Marceline Lartigue, pour recréer pour lui le solo Portrait de Marjolaine (dansé par Marjolaine Zurfluh) devenu Prédelle, quand il endosse le rôle. Il est un pur produit de l’Opéra de Paris, pétri de cette fameuse « École française » mais brille dans les ballets de Balanchine ou Robbins, danse beaucoup à l’étranger, notamment en Allemagne, en Italie et au Brésil. D’ailleurs, il deviendra maître de Ballet puis directeur artistique du Théâtre Municipal de Rio de 1996 à 1998, avant de revenir en France où il sera professeur à l’Ecole de danse de l’Opéra de Paris (2001-2003)  avant de rejoindre le CNSM de Paris, où il enseignera de 2004 à 2014, comme pour boucler la boucle de sa carrière.

Volontiers drôle, avec un sourire charmeur en diable, ayant son franc-parler, cultivé, élégant, et surtout d’une ténacité inouïe, il se définissait lui-même comme  « l’archétype du danseur noble » (Danser N°32) et professait que «Le sujet n’est pas de plaire mais d’exister. L’art de danser émane des artistes et non des gens qui font des pas.» (Libération,15/05/1995).

 

Agnès Izrine

 

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