La Batsheva à Chaillot pour les fêtes

Retour de la Batsheva au Théâtre national de Chaillot pour les fêtes de fin d’année avec Naharin’s Virus et Decadance Paris, deux programmes du 17 au 28 décembre 2014.

Ohad Naharin présentera au Théâtre national de Chaillot deux œuvres majeures, escales créatives pour la Batsheva Dance Company d’un explorateur du mouvement. Avec ces mouvements ondulatoires, obsédants, ces femmes qui se plient sur leurs jambes écartées, ses hommes agités, il plonge le public dans une œuvre aussi électrique qu’éclectique. Naharin’s Virus et son assaut verbal tiré d’Outrage au public de Peter Handke, un des plus grands auteurs vivants, est une pièce d’une force orageuse peu commune, dont la violence mécanique et systématique enfle au point de saturer le plateau. L’écriture chorégraphique, soulignée par les académiques blanc et noir qui revêtent les treize danseurs devient dessin, aussi épuré que la ligne tracée à la craie qu’inscrivent sur un tableau noir chacun des interprètes.

Galerie Photo Gadi Dagon

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Ils distillent une gestuelle qui passe de l’affolement à la stupéfaction sur une musique qui associe au klezmer celle d’Habib Alla Jamal, un compositeur arabe-israélien. Les danseurs égrènent leurs souvenirs, des anecdotes ancrées dans une réalité décalée et soudain leur colère, portée par le texte de Handke. Cette bande sonore qui mêle au texte la musique, suscite un emportement virtuose qui s’inscrit dans les mémoires, car Ohad Naharin est un chorégraphe avant tout universel pouvant associer toutes formes de mouvements pour écrire une danse à la fois sauvage et délicate qui n’exclut aucune manière de danser, pourvu que les corps aient cette force de persuasion poétique qui caractérise son œuvre.

 

 

Decadance, accueilli à Chaillot il y a deux ans, est l’un des spectacles chorégraphiques les plus demandés dans le monde. Une reprise s’imposait. Mais pour ce second tour de piste, rebaptisé Decadance Paris, Ohad Naharin promet une version « extended », plus longue, plus intense, plus folle. Decadance est une sorte de concentré de toutes les pièces phares créées par Ohad Naharin pour la Batsheva Dance Company, un récapitulatif hallucinant de son style, de la diversité de son écriture.  C’est un tourbillon d’émotions et d’inventions. Une danse de toutes les danses pour ainsi dire.

Galerie photo Gadi Dagon et Maxime Waratt

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Gageons que nous retrouverons néanmoins dans ce nouveau Decadance Paris la célèbre « danse des chaises » sur le Echad mi yodea chant très rythmique de la Pâques juive arrangée par le groupe rock israélien Tractor’s Revenge, dansée sur des chaises et chantée par Ohad Naharin lui-même. Cette séquence chorégraphique deviendra presque l’emblème de la Batsheva grâce à ses multiples reprises : dans Kyr (1990) dans Anaphase (1994) où elle est amplifiée, accélérée, dynamisée provoquant une sorte de transe sauvage et enfin dans Decadance où elle apparaît comme une sorte de poussée irrésistible du plaisir de danser.

Agnès Izrine

 

 

http://theatre-chaillot.fr/

 

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