« Teruel » de Géraldine Lonfat/Cie Interface

Dans le mot de Teruel, on peut entendre duel, cruel, terre. Tout y est dans le spectacle de la compagnie Interface. Et plus encore, avec amour, sexe, passion, chant lyrique, deux danseuses et un comédien. Teruel, c’est el toro, en arabe. La corrida amoureuse de ce trio suisse véhicule nos fantasmes sur une Andalousie nocturne, obscure, mystique, où l’amour entre les sexes humains est traversé par la passion fusionnelle ressentie en direction du taureau. Aussi voyons-nous deux femmes matadors, prêtes à rendre fou l’homme-taureau de ce ménage à trois.

MINI_TERUEL_04

Face à Teruel, il faut aimer plonger, à cœur perdu, dans une effervescence charnelle comme un enfant rêve de plonger dans le chocolat. Ainsi est la signature Interface qui séduit le grand public, avide de se laisser submerger par des sensations fortes et grâce aux sujets universels de l’amour et de la mort, auxquels se joint ici, la bête… Aussi, Teruel a remporté le prix du public dans la catégorie Danse au Festival Off, à Avignon en juillet 2014.

 

 

 

 

Sur la musique contemporaine aux accents très baroques d’André Pignat, le comédien Thomas Laubacher est à la fois l’homme entre deux femmes et le taureau, en interprétant les textes tirés de Rhône Saga de l’écrivain suisse Pierre Imhasly, un hommage vibrant à la fascination exercée par l’univers de la culture tauromachique sur ces artistes qui ont plutôt l’habitude d’affronter beauté et sauvagerie des sommets alpins.

 

 

 

 

La chorégraphie de Géraldine Lonfat, interprétée par elle-même et Virginie Quigneaux, tourne en boucle, comme dans l’arène où le torero vrille dans sa fuite en avant vers un rapport fusionnel avec le Teruel. On est ici loin de l’épure qui caractérise le face à face entre Israël Galvan et Akram Khan dans Torobaka, dans des évocations et sous un titre similaires (et présents au Théâtre de la Ville jusqu’en début janvier). Chez Interface, il faut toujours accepter le débordement émotionnel, dans Teruel autant que dans L’Oubli des anges, à voir au Vingtième Théâtre, pour une représentation unique le 29 décembre.

Thomas Hahn

 

Teruel au Théâtre Laboratoire
20, rue Marsoulan, 75012 Paris, M° Nation ou Picpus
Jusqu’au 20 décembre

 

www.theatrelaboratoire.com

 

L’Oubli des anges, le 29 décembre : www.vingtiemetheatre.com/loubli-des-anges/

http://theatreinterface.ch/

 

 

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