Cités Danse Connexions #3 à Suresnes

Belle soirée à Suresnes cités danse 2015, salle Aéroplane, pour une troisième et dernière soirée « Cités Danse Connexions » composée de pièces courtes, avec trois propositions intéressantes, voire encourageantes. 

 

Sandrine Lescourant surprend

La grande surprise du programme « Cités danse connexions #3 » est venue de Parasite de Sandrine Lescourant, pièce remarquable ne serait-ce que parce que les créations purement féminines restent rares en hip-hop. Mieux : Les cinq danseuses, dont la chorégraphe, savent surprendre en revisitant certains motifs du genre d’une manière très inspirée. Leur recherche concerne autant la dramaturgie que le rapport entre le mouvement et l’univers sonore.

« Parasite », de Sandrine Lescourants, galerie photo Laurent Philippe

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D’emblée, Parasite propose un nouveau regard sur le registre robotique qui est ici interprété avec une sensibilité toute autre, grâce à l’astuce de mécaniser les corps pour mieux libérer les émotions et de renforcer une relation en montrant son inassouvissement. Aussi, la pièce commence par un face à face de deux femmes-automates qui s’attirent et se rejettent en même temps, tels deux aimants.

 

« Parasite », de Sandrine Lescourants, galerie photo Laurent Philippe

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Limpide, très claire dans sa construction, Parasites dévoile un côté très ludique quand les sons (enregistrés) d’un Human Beat Box entrent en fusion avec la  finesse du geste et avec un corps qui peut donner l’impression d’être un mannequin de bois. Ce hip-hop léger et aérien parle pourtant d’un échec à se libérer. Le rire se termine en épreuve, et c’est en cela que Parasites repasse et déjoue le scénario-type du corps robotique qui va en s’humanisant.
En travaillant avec Pierre Rigal, Sylvain Groud, Sébastien Lefrançois et Anthony Egéa, Lescourant  a fait mûrir un nouvel univers dans la galaxie hip hop qu’on aimerait savoir en pleine expansion.

 

Sonia Duchesne dépasse

Sonia Duchesne mesure 1m76 et en fait le titre de son solo. En audition, ça fait trop grand: « Même de loin, je suis trop grande, j’ai la taille d’un garçon, je dépasse…». Mais elle est pleine d’esprit et nous montre ici comment elle a vécu, plus d’une fois sans doute, cette situation traumatisante où une voix masculine impose les standards du corps et des mouvements.

 

« 1m76″, de Sonia Duchesne, galerie photo Laurent Philippe

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Duchesne qui est passée par les comédies musicales nous restitue, pleine d’autodérision, ses cauchemars nocturnes et sa capacité diurne à supporter, un sourire amer sur les lèvres, les petites humiliations. Si le scénario n’est pas tout à fait nouveau, il permet à Duchesne de montrer qu’elle n’a pas ajouté pour rien une formation de théâtre à son parcours en danse qui l’a amenée à travailler avec Laura Scozzi, Dominique Boivin, Sylvain Groud et tant d’autres.

 

Babacar Cissé chasse

 

Est-ce un hasard si ici, les femmes créent des scénarios d’empêchement à partir de situations réelles alors que les hommes se projettent dans la liberté de la nature sauvage ? Comme  David Drouard avec (H)ubris, également présenté à Suresnes cités danse, Babacar Cissé (ou « Bouba ») cherche l’aventure dans la « liberté d’explorer ».

« Wolves » de Babacar Cissé, galerie photo Laurent Philippe

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Wolves est une partie de chasse, un duel entre deux poètes de la liberté et du danger. Suspense nocturne pour un début très chargé, suivi de belles images vidéo tournées dans une forêt enneigée, accompagnant ici des courses-poursuites spectaculaires sur un sol réfléchissant comme sur un lac gelé.

 

« Wolves » de Babacar Cissé, galerie photo Laurent Philippe

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On a été frappé, dans Opus 14 de Kader Attou, par les folles traversées du plateau par une boule humaine auto-catapultée. C’était Cissé, et ici il remet ça, avec l’énergie d’un loup face à son rival et complice. Cette invention acrobatique est en train de devenir la marque d’identification d’un artiste, comme à son époque les sauts spectaculaires de Samuel Lefeuvre chez Peeping Tom.

« Wolves » de Babacar Cissé, galerie photo Laurent Philippe

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Montré à Suresnes dans une version de 25 minutes, Wolves est une pièce en devenir, encore adolescente et appelée à mûrir et grandir, voire doubler. Elle gagnera en profondeur si les interprètes laissent finalement apparaître quelques failles dans leur armure d’athlétisme aventurier.

Thomas Hahn

Le 2 février 2015, Théâtre Jean-Vilar, Suresnes, dans le cadre de Suresnes Cités Danse / Cités danses connexions #3

 

 

Parasite
Chorégraphie Sandrine Lescourant « Mufasa »
Avec Yamina Benallal, Johanna Faye, Julia Flot, Sandrine Lescourant, Marie Marcon
Lumières Tom Klefstad
Son Abraham Diallo
Costumes Jean Baptiste Matondo – JBM

1m76
Chorégraphie et interprétation Sonia Duchesne
Mise en scène Christian Gaïtch
Lumières Jean-Yves Desaint-Fuscien
Musique Maud Chabanis

Wolves
Conception et chorégraphie Babacar Cissé « Bouba »
Avec Babacar Cissé « Bouba » et Jérémy Léao
Lumière Antoine Auger
Scénographie et conception vidéo Babacar Cissé « Bouba »
version adaptée pour le Festival Suresnes cités danse –

 

 

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Comments

  1. Ce fut un show époustouflant!!!!!!
    Un pur moment de plaisir 🙂
    Congrats aux différents protagonistes
    Bonne continuation

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