Trois solistes de la Compagnie Nationale d’Espagne

Les solistes de la compagnie nationale de danse d’Espagne 1 : Rencontre avec Mattia Russo

Ils ont illuminé la tournée française de la Compagnie Nationale de Danse d’Espagne. Ils sont jeunes, doués, plein d’avenir. Et ils sont arrivés des quatre coins du monde, pour venir danser à Madrid, sous la direction de José Martinez, le danseur étoile de l’Opéra de Paris qui a remonté en trois ans une compagnie n’ayant plus aucun répertoire, après le départ de Nacho Duato . Rencontre avec Mattia Russo, l’un  des  43 danseurs de la CNDE, dans les coulisses du Théâtre des Champs Elysées, où l’on croise des interprètes de tous horizons, de tout gabarit, de tous styles, même si un très solide bagage technique les unit. Un heureux mélange qui fait mouche.

MATTIA RUSSO, 26 ans, corps de ballet

Mattia Russo @D.R.

Mattia Russo @D.R.

Quel a été votre parcours jusqu’à aujourd’hui ?

J’ai commencé la danse à Rome, à l’âge de 11 ans, avant de finir mes études à l’École de la Scala de Milan. Puis, je suis entré au ballet de la Scala, mais j’ai très vite compris que j’allais m’y ennuyer. À la Scala, on y danse très peu, et uniquement du classique, alors que je voulais aussi découvrir la danse moderne. Je suis parti au Centro Coreografico de Valencia en Espagne, où l’on danse notamment Kylian et Duato, et j’ai enchaîné avec la compagnie Introdans aux Pays Bas, avant de revenir en Espagne, à la CNDE en 2013, déjà dirigée par José Martinez.

Comment se passe une audition pour entrer dans cette compagnie ?

Cela dure toute une journée. L’année de mon recrutement, Il y a eu un cours de classique, puis l’interprétation d’ une variation de Johan Inger (jeune chorégraphe très doué ayant dansé chez Kylian au Nederlands Dans Theater) , et une autre de William Forsythe. Ensuite, il fallait improviser à partir d’une musique et d’un espace défini. Le jury est composé de plusieurs personnes très différentes, puisqu’il y a José Martinez , son maître de ballet, mais aussi des membres du Conservatoire, et du Ministère de la Culture…. C’est assez impressionnant..

Quels atouts voyez vous dans cette compagnie, comparée à celles que vous connaissez déjà ?

C’est une troupe qui donne une chance énorme aux jeunes. Ici, des danseurs peuvent être à peine sortis du Conservatoire et danser beaucoup en scène, tout en étant mêlés à des artistes plus expérimentés. C’est précieux. Et puis, nous dansons tous beaucoup. Nous pouvons être à l’affiche dans plusieurs distributions à la fois, et c’est formidable.

Le répertoire est ouvert à une grande pluralité de chorégraphes. Y compris en interne?

Absolument, José a programmé un duo que j’avais chorégraphié, c’est d’ailleurs ainsi que nous avons fait connaissance, puisqu’il était dans le jury d’un concours où nous avons gagné le premier prix. Mais j’espère bien pouvoir créer à nouveau pour la compagnie.

 

 

Comment s’organise le quotidien de la compagnie ?

Le rythme de travail est très particulier. Nous passons l’hiver à répéter, et nous commençons à tourner nos spectacles à partir de janvier. Ainsi, la création de Johan Inger autour de Carmen, qui sera donnée en avril au Teatro de la Zarzuela à Madrid, a été travaillée en septembre, puis en décembre, avant d’être achevée en mars prochain. Entre temps, nous serons allés en Chine, au Japon, en France, en Allemagne, dans plusieurs villes d’Espagne.. La compagnie est également divisée en deux groupes, l’un constitué de danseurs plus contemporains, et l’autre de danseurs plus classiques. Certains d’entre nous peuvent être dans les deux. Un contemporain ne peut pas forcément danser du Bournonville, mais tous les classiques ne peuvent pas faire un ballet d’Ohad Naharin.

Les salaires des danseurs sont très peu élevés au sein de cette compagnie, en raison des difficultés financières que connaît l’Espagne. Était-ce un point secondaire pour vous ?

Oui, résolument. Il est clair que je gagne moins bien ma vie ici qu’en Hollande. Mais la vie y est aussi moins chère, la ville de Madrid est exceptionnelle et ce que l’on peut découvrir ici, comme chorégraphes, justifie que l’on oublie cet aspect-là des choses…
http://www.mattiarussodiegotortelli.com

 

Propos recueillis par Ariane Dollfus

À suivre : Jessica Lyall et Esteban Berlanga

 

 

 

 

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