« The Hungry Stones » de Raka Maitra

Voilà qui jette une lumière tout autre sur ce qu’on appelle la danse indienne ! Raka Maitra a offert aux Hivernales la première française d’un spectacle avec quatre danseuses, un musicien et un surveillant masculin, sans doute une représentation du philosophe et écrivain Rabindranath Tagore, Prix Nobel de littérature en 1913 et source d’inspiration de cette pièce. Son œuvre et sa volonté d’ouvrir l’art bengali vers des formes plus contemporaines trouvent une correspondance évidente dans The Hungry Stones.

 

« The Hungry Stones » @ Elian Bachini

« The Hungry Stones » @ Elian Bachini

 

Presque statuaire, parfois purement théâtrale, la danse de Maitra cherche à enlever le maximum sans perdre l’essentiel. Son approche du mouvement rappelle celui d’Israël Galvan en flamenco, les explosions soudaines en moins. Maitra conserve la fluidité, la légèreté, mais accentue les positions angulaires.

Cette chorégraphe d’origine indienne, formée en Odissi par les plus grands, a pris ses distances d’avec son pays d’origine. Elle vit et travaille à Singapour, et cet éloignement lui a sans doute permis de développer une approche radicalement contemporaine.

 

Raka Maitra - The Hungry Stones-41s

« The Hungry Stones » @Thomas Bohl

 

Cette danse-là crée comme un univers végétal, où quatre figures sorties d’un bas-relief danseraient le lichen qui pousse sur les murs. La pierre a faim et met la danse en suspension, dans un méta-Odissi qui n’a pas peur du ralenti, ni d’évoquer l’excitation d’un groupe de filles à vivre ensemble quelques aventures et découvertes, sous l’égide d’une supérieure, en la personne de Maitra.

Dans The Hungry Stone, les danseuses peuvent même s’asseoir, toutes en même temps, pour s’adonner à des contemplations d’un phénomène imaginaire, lançant ainsi au spectateur une invitation à les contempler à son tour. Et le regard focalise réellement sur elles, puisque les costumes, en vert-bleu uni, sont dépourvus de tout ornement. Là aussi se joue une petite révolution dans l’idée qu’on peut se faire d’un spectacle de danse indienne.

Thomas Hahn

Le 27 février, Les Hivernales 2015, Théâtre du Chêne Noir

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