Satchie Noro : « Origami »

Serait-ce le plus énorme partenaire de l’histoire de la danse ? Un container de fret maritime de quarante pieds ! Découpé tel un jeu de tangram, il se transforme et recompose plusieurs fois, lentement mais irrésistiblement.

Galerie Photo Thomas Hahn

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Face à lui, en lui et sur lui, Satchie Noro paraît fragile, presque évanescente. Aux formes angulaires et rigides, elle répond en se collant aux parois ondulées, et par une géométrie des bras et des jambes qui prolongent et commentent la présence post-industrielle de la boîte métallique.

Sa danse-escalade, sur fil ou au trapèze, réussit à créer une intimité paradoxale. Paradoxale, puisque les risques pris sur les flancs du cube ou en traversant les airs s’effacent derrière la poésie du contraste morphologique. Présenter des dimensions spectaculaires et jouer avec la quasi-disparition de l’élément essentiel, voilà un principe tout japonais.

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Dans Origami, même l’univers sonore, ponctué de chants polyphoniques et donc une invitation au voyage, joue la carte de l’aération et de la discrétion et déjoue les attentes spectaculaires que peut susciter une scénographie aussi puissante. Les objets créés par l’art de l’origami n’incarnent-ils pas la même légèreté ?

Alors que tout semble opposer l’acrobate-danseuse à cet énorme volume d’air entouré de ferraille, elle fait du container son complice. Elle se colle à ses flancs et épouse son mouvement lent et régulier qui sculpte l’espace et en crée d’autres, à l’intérieur de lui-même.

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Oui, elle s’y plaît, visiblement et il fait bon vivre en et avec cet espace mobile. Et pourtant, elle monte sur la plus haute plateforme, sort une lourde hache, décrit des cercles et déclenche quelques tonnerres, telle une Peau-rouge des villes modernes. De quelle mythologie cet esprit-là est-il le nom ?

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Un container, ça part sur les routes ou sur les rails et ça traverse les mers. Mais ça se remplit et ça s’empile, ça ne danse pas. Grâce au travail du scénographe Silvain Ohl, l’objet utilitaire prend ici ses libertés. Découpage et ouverture confèrent au coffre-fort du commerce maritime une légèreté insoupçonnée. Libre comme l’air, Noro incarne la dimension éolienne d’une saga moderne, d’un continent à l’autre.

Thomas Hahn

Création mondiale: Le 7 mars 2015, Théâtre Antoine Vitez, Ivry-sur-Seine, dans le cadre de la Biennale de la danse du Val-de-Marne

 

Tournée:

Biennale de danse du Val-de-Marne: Le 15 mars à Boissy-Saint-Léger, le 20 mars à Rungis, le 22 mars à Cachan

 

6 juin 2015, La Norville

 

du 26 juillet au 9 août 2015: Festival Paris quartier d’été

 

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