Mal Pelo : « Le cinquième hiver »

« Nous n’avons rien pour les oiseaux, ça ne va pas ! » L’hiver est rude, mais dans les cœurs le printemps survit. La petite phrase est de la plume de l’écrivain italien Erri de Luca. Elle ouvre et clôt un assemblage de ses vers qui sous-tend et traverse ce duo plus que poétique.

Galerie photo : Laurent Philippe

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Tout de noir vêtus, María Muñoz et Pep Ramis errent à travers un paysage imaginaire d’un blanc immaculé. Mais ce noir-là est si insondable qu’il pourrait provoquer des vertiges, d’autant plus que la danse de ce couple est si vitale et chaleureuse et leur lien avec la nature (humaine autant que climatique) si profond que l’on se rend volontiers à cette évidence paradoxale : Le noir peut donc incarner la vie et le blanc, un univers dur et hostile. « Nous devons nous habituer à ce désert… »

Galerie photo : Laurent Philippe

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Dans la danse de Muñoz et Ramis, tout part de l’émotion et du relationnel. Les mouvements sont amples et chaleureux, malgré le désert hivernal à traverser. Cette danse-là est faite pour ré-enchanter le monde, en évoquant des situations concrètes à la manière d’un peintre impressionniste.

Le vers de De Luca, interprétés par l’artiste vocale Alia Sellami, s’intègrent dans un paysage sonore (Fanny Thollot) tissé avec tant de finesse et chaleur que les interventions en écho au Printemps des poètes, offertes avant le spectacle au Théâtre Antoine Vitez, avaient toute leur place.

Galerie photo : Laurent Philippe

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Qu’ils soient humains, arbres, corbeaux ou chevaux, leur danse chaleureuse nous ramène vers les années Bagouet, revisitées à travers une touche d’épure et d’art conceptuel. Pour preuve, ces deux petits mégaphones qui donnent une présence physique et scénographique à l’environnement sonore.

Entre elle et lui, des conflits et des tensions surgissent comme dans la vie, et c’est bel et bien la vie, avec toutes ses contradictions, qui est le véritable sujet de cette pièce. Le cinquième hiver est aussi philosophique que poétique dans son interrogation sur la nature humaine et l’aventure de la vie que nous traversons.

Galerie photo : Laurent Philippe

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Et on se dit qu’il n’y a pas de hiérarchie à établir entre les styles ou à les classer sur telle ou telle échelle de contemporanéité ou de force d’invention. La valeur suprême est celle de l’authenticité et de la cohérence, de la création d’un univers où tout se tient et rien ne se perd. Un cinquantième hiver ? Même pas peur…

Thomas Hahn

Création mondiale : le 7 mars 2015, Théâtre Antoine Vitez, Ivry-sur-Seine, Biennale de danse du Val-de-Marne

En Tournée :
29/04/2015 – 01/05/2015 : Agora de la danse Québec
12/05/2015 :Théatre de l’Archipel 66003 Perpignan
09/07/2015 – 11/07/2015 : Grec Festival de Barcelona Barcelona
07/11/2015 – 14/11/2015 : Théâtre de la Ville-Théâtre des Abbesses 75018 Paris 18e
21/11/2015 : Temporada Alta – Festival de tardor de Catalunya Salt

 

 

 

 

 

 

 

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Comments

  1. Des jolies photographies qui parlent d’elles-même.
    Merci d’avoir partagé ces moments intenses.
    Jérôme

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